Un adolescent bruxellois de 14 ans reçoit un SMS électoral d'un candidat PS deux jours avant le scrutin

Un adolescent bruxellois de 14 ans reçoit un SMS électoral d'un candidat PS deux jours avant le scrutin
Un adolescent bruxellois de 14 ans reçoit un SMS électoral d'un candidat PS deux jours avant le scrutin - © Tous droits réservés

A 14 ans, Raphaël (prénom d’emprunt) n’est pas encore en âge de voter. Cet adolescent auderghemois possède un GSM. Mais à part ses copains et les membres de sa famille, personne n’en connaît le numéro. C’est donc peu dire que Raphaël est très surpris, le vendredi 24 mai, quand il reçoit un SMS du candidat socialiste Taoufik Ben Addi, candidat en 43e place sur la liste PS aux élections régionales. Il est d’autant plus surpris que ses parents sont des militants Ecolo. Il n’y a donc a priori aucune raison pour qu’un candidat socialiste le contacte pour demander son soutien.

Données protégées

Les parents de Raphaël sont d’autant plus choqués que Taoufik Ben Addi est médecin. Ils ne le connaissent pas mais il pratique dans des hôpitaux que leur fils a déjà occasionnellement fréquentés. Se pourrait-il que le médecin soit allé puiser dans des listings médicaux pour se constituer une liste de numéros de téléphone ? Nous envoyons un premier mail à Taoufik Ben Addi. Le candidat (non élu) nous répond qu’il s’est contenté d’envoyer un SMS à tous les numéros figurant dans le répertoire de son téléphone. Pour le reste, ne connaissant pas le nom de l’adolescent, il ne peut pas donner une réponse plus développée.

Cette première réponse se révèle déjà problématique. Selon l’APD (l’Autorité de Protection des Données, ex-Commission pour la Protection de la Vie privée), un SMS est assimilé à un mail. Ce qui veut dire qu’on ne peut pas envoyer de SMS non sollicité en période électorale, sauf exception : les personnes rencontrées dans le cadre de ses activités militantes et connues comme sympathisantes, les amis proches ou les membres de sa famille, par exemple. Mais envoyer des mails ou des SMS électoraux "à l’aveugle" à des personnes figurant dans un fichier constitue une infraction.

Qui plus est, les mineurs font partie des catégories bénéficiant d’une protection accrue contre les intrusions dans la vie privée. Les parents de Raphaël ont donc adressé une plainte à l’APD.

Les excuses du candidat

Recontacté et informé du nom de l’adolescent, Taoufik Ben Addi nous répond n’en avoir aucune trace dans son répertoire téléphonique. Le médecin nie formellement avoir collecté des numéros de téléphone dans des dossiers médicaux. Ce serait évidemment contraire à l’éthique mais aussi inefficace. Qui plus est, les médecins en contact avec des mineurs demandent éventuellement le numéro des parents mais pas celui de l’enfant ou de l’adolescent. Enfin, conclut Taoufik Ben Addi sur ce point, les fichiers médicaux sont ultra-protégés et leur consultation est traçable.

Le candidat n’a donc pas d’explication à la réception de ce SMS indésirable le vendredi précédant le scrutin. Curieusement, il ne songe pas à l’hypothèse la plus simple : une banale erreur de numéro. Quant à l’envoi interdit de SMS non sollicités aux contacts de son répertoire, le candidat avoue ignorer que c’était interdit et se dit désolé. Il explique également n’avoir reçu aucune information de son parti sur ce qui est licite ou non en matière de communication politique au cours d’une campagne électorale. Une lacune qu’il serait sans doute judicieux de combler.

 

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