Trouver un logement? Pas simple à Bruxelles avec un prénom "exotique"

Une brochure permet de tout savoir sur la discrimination au logement
Une brochure permet de tout savoir sur la discrimination au logement - © Rtbf

Comme son prénom ne l'indique pas, Namwezi Fedi est italienne. D'origine congolaise, son prénom signifie "nouvelle lune" en kiswahili. Bien qu'elle soit blanche, Namwezi Fedi a fait l'expérience de la discrimination lorsqu'elle a cherché un logement à Bruxelles, sur la simple base de la consonance de son prénom.

"D'habitude, par écrit, on pense que je suis un homme africain, donc j'ai déjà plus de mal à avoir des réponses. A l'oral, on se rend compte que je suis une femme, je n'ai pas trop d'accent, donc ça va. Mais j'avoue que c'est un nom qui n'est pas facile à porter même si j'en suis fière et que je l'adore".

Une fois franchie la première barrière de préjugés, Namwezi Fedi s'est heurtée à une autre forme de discrimination.  

"J'ai eu beaucoup de visites refusées. D'autres ont été acceptées et puis les bailleurs se sont rendus compte que j'étais une famille monoparentale - je suis chef de famille avec deux enfants. Donc on se méfie même si j'ai un contrat à durée indéterminée et si ça se passe très bien avec la sécurité de l'emploi, qui est très bonne dans mon cas, je me suis rendu compte qu'il n'existait aucun autre motif objectif de refus, si ce n'est celui-là."

Lors d'un colloque organisé au Parlement bruxellois, des associations pour l'essentiel françaises sont venues expliquer les méthodes mises en œuvre à leur niveau pour lutter contre les discriminations. Il existe notamment les tests de situation, ou "testings", qui permettent de démontrer l'existence d'une volonté de discriminer dans le chef de propriétaires. Cette méthode n'est pas mise en œuvre en région bruxelloise. Pourtant, c'est possible, estime le directeur du Centre interfédéral pour l'Egalité des Chances et la Lutte contre le Racisme, Patrick Charlier.   

"Ca pourrait être en vigueur, la législation le permet mais la question c'est que pour pouvoir faire un testing à des fins judiciaires, ça demande de répondre à certaines conditions relativement strictes. Et donc ce n'est pas si facile à mettre en œuvre si on veut utiliser le testing comme preuve, mais c'est quelque chose qui est juridiquement possible.

Le Centre pour l'Egalité des Chances vient justement de publier une brochure - gratuite - intitulée "La discrimination au logement. Informations aux locataires, propriétaires et professionnels du secteur".

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