Touring opposé, en l'état, à une suppression de 65.000 places de stationnement en surface à Bruxelles

Touring est opposé en l’état au plan de réduction du nombre de places de stationnement en voirie envisagé par le gouvernement bruxellois à hauteur de 65.000 car celui-ci est fondé sur des données obsolètes, a-t-elle fait valoir jeudi.

Dans sa déclaration de politique générale, le gouvernement bruxellois affirme viser une redistribution de l’espace disponible dans la ville. A cet effet, il souhaite un transfert d’une part du stationnement en voirie à des parkings hors voirie couverts. Une concertation avec les bourgmestres a commencé récemment. Les ministres bruxellois espèrent accoucher d’un projet d’ordonnance à ce sujet avant l’été.

Selon Touring, le gouvernement bruxellois planche sur une suppression de 65.000 places supplémentaires en voirie en se fondant sur le raisonnement selon lequel "moins il y aura de places de parking disponibles, moins il y aura de personnes qui se rendront à Bruxelles en voiture, et moins il y aura de Bruxellois qui se déplaceront en voiture".

Un inventaire dépassé

Pour l’organisation représentative des automobilistes et usagers d’autres modes de transport individuels, non seulement ce plan arrive beaucoup trop tôt, mais il est aussi basé sur un inventaire dépassé.

"Nous sommes favorables à la réduction du nombre de voitures en ville, mais il faut alors proposer une bonne alternative, ce qui n’est pas le cas pour l’instant. Nous craignons que l’acharnement anti-voitures du gouvernement bruxellois mette en péril la vie économique et le commerce à Bruxelles", a-t-elle commenté jeudi.

A ses yeux, le plan est basé sur l’immatriculation de 530.000 véhicules dans la Région alors qu’il y en a 583.993, en comptant les utilitaires légers, et en excluant 36.256 motos qui ont aussi besoin de places de stationnement. Qui plus est, les constatations de la surface disponible pour les véhicules, les cyclistes, les piétons et les transports en commun sont basées sur des chiffres de 2014. Idem pour l’inventaire du nombre de places de stationnement disponibles.

Des suppressions mais pas de compensations

"Avec ces chiffres, il est impossible de mener une politique judicieuse. Le nombre de places de parking en surface disponibles a fortement baissé entre 2014 et 2020 (Petite ceinture, pistes cyclables, élargissement des trottoirs, zones piétonnes, etc.) Cette suppression de places de stationnement en surface n’a pas été compensée par la création de nouvelles places ailleurs. C’était pourtant l’intention initiale, mais dans le nouveau plan de mobilité Good Move, il n’en est plus question", a ajouté Touring.

Pas toujours d’alternatives à la voiture

Les navetteurs et autres visiteurs n’ont souvent pas d’autre choix que de se déplacer en voiture car les alternatives comme le RER et l’extension du métro ne sont pas encore au point. Il n’y a pas non plus assez de zones 'park & ride' gratuites qui devraient être prévues aussi bien dans la Région qu’en dehors. Enfin, il faut beaucoup plus de parkings pour vélos sécurisés. Les autoroutes cyclables, en plein développement, sont encore loin d’être disponibles, a justifié l’organisation.

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