Débordements à la Bourse: 2 ans de prison requis contre le rappeur Jelali D de Benlabel

Le parquet a requis deux ans de prison contre le rappeur Jelali D, du groupe Benlabel, qui est soupçonné d'avoir organisé les émeutes du 11 novembre à Bruxelles, via Facebook.

Peu avant le match Côte d'Ivoire-Maroc, le Bruxellois Jelali D, 32 ans, avait appelé ses abonnés à "tout cramer à Lemonnier, Maroc City gang". Ce commentaire était accompagné d'une photo montrant le prévenu avec deux armes automatiques.

Le parquet a considéré que le message posté par le rappeur sur Facebook était une menace évidente. Il doit dès lors répondre de menaces écrites et utilisation de moyens de communication électronique pour commettre des dommages.

"Il s'agissait clairement de menaces écrites adressées aux commerçants, aux résidents, à la police et à tous ceux qui se seraient trouvés sur place", a affirmé le procureur.

Le rappeur s'est défendu vendredi en affirmant que ce n'était qu'un appel à la fête dans le cas d'une qualification du Maroc à la Coupe du monde de football.

Deux ans requis pour pillage d'un magasin de nuit

La même peine de deux ans a été requise contre un jeune homme de 19 ans soupçonné d'avoir pillé un magasin de nuit, lors des incidents du 11 novembre dans le quartier de la Bourse, sur le piétonnier, à Bruxelles. Ce dernier, Mohamed E.B., âgé de 19 ans et déjà condamné antérieurement par un tribunal de la jeunesse pour vol, doit répondre de rébellion, de vol, de destruction de biens mobiliers et de port d'armes prohibées.

Pour le parquet, le prévenu est tout simplement parfaitement identifiable sur les images de caméras de vidéosurveillance. L'intéressé, lui, nie toute implication dans les faits. "J'étais bien dans le quartier, mais ce n'est pas moi sur ces images", a-t-il dit.

Trois ans requis pour avoir incendié une camionnette

Le parquet a ensuite requis une peine de trois ans de prison à l'encontre d'un autre jeune homme de 18 ans prévenu pour avoir incendié une camionnette lors des émeutes. Le parquet a exposé que ce jeune homme, Nassim B., était reconnaissable sur des images de caméra de vidéo-surveillance.

"On peut voir que l'individu qui boute le feu à la camionnette porte une veste de training rouge. Son visage est caché par une écharpe, mais sur d'autres images, ce même homme portant une veste de training rouge est reconnaissable", a affirmé le procureur.

Le prévenu, lui, a admis qu'il était présent lors des émeutes, mais il a contesté avoir bouté le feu à un véhicule. Il a néanmoins déclaré qu'il ne se souvenait pas de tout, car il était sous l'emprise de stupéfiants.

Son conseil, Me Mehdi Abbes, a plaidé l'acquittement, affirmant que les seules images de caméra étaient insuffisantes pour fonder la culpabilité. À titre subsidiaire, l'avocat a plaidé pour une peine de travail.

Le jugement à l'encontre de Nassim B., tout comme celui à l'encontre de Mohamed E.B., seront prononcés le 2 février prochain.

Six hommes au total

Au total, six hommes sont appelés à comparaître ce vendredi devant le tribunal correctionnel de Bruxelles. Ils sont soupçonnés d'avoir appelé ou participé à la violence, après le match de football Maroc-Côte d'ivoire.

Les charges varient d'un prévenu à l'autre. Certains devront répondre de vols avec violence, d'autres de destructions, rébellion ou encore menaces... comme un rappeur du collectif Benlabel, qui avait publié sur Facebook "on va tout cramer à Lemonnier". Le juge devra déterminer s'il a eu une responsabilité, et laquelle, dans ce déferlement de violence.

Les peines encourues varieront bien-sûr selon les charges retenues et selon le passé des prévenus: il peut s'agir d'acquittements, de peines d'intérêt général ou de détention, jusqu'à 10 ans de prison dans le cas de violences graves avec récidive.

Procédure accélérée

Ces hommes, qui se présentent libres, comparaissent moins de 2 mois après les faits et c'était une volonté : aller vite, ne pas réagir à contretemps avec les événements. Au lendemain de ces scènes de violence, le police et le parquet avaient au contraire été pointés du doigt pour n'avoir pas rapidement interpellé de casseurs.

C'est donc une procédure accélérée qu'ont connue les prévenus de ce vendredi. Ils avaient reçu leur convocation au tribunal en mains propres du Procureur du Roi, dès la sortie de leur arrestation judiciaire et de leur audition.

Dans leurs dossiers, il y a le détail de leurs auditions, les PV de police et des éléments supplémentaires de téléphonie par exemple ou d'images de surveillance qui prouveraient des flagrants délits.

D'autres procès devraient suivre pour d'autres prévenus dans les semaines à venir, toujours au tribunal correctionnel de Bruxelles, selon cette même procédure de comparution rapide. 

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