Schaerbeek: un parc interdit au public, paradis d'un petit rongeur masqué

Le lérot trouve un cadre de vie idéal dans ce parc interdit aux promeneurs
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Le lérot trouve un cadre de vie idéal dans ce parc interdit aux promeneurs - © Wikipedia

C'est un parc pas toujours très connu des Bruxellois et des Schaerbeekois en particulier. Le parc Walckiers est ses 4,5 hectares est pourtant un des poumons verts de la commune. Situé à deux pas de la gare de Schaerbeek, il fait actuellement l'objet d'un gros entretien par Bruxelles-environnement. Une soixantaine d'arbres morts sont abattus sur les quelque 1250 arbres que compte le parc.  

Entre les trains voisins et les avions au-dessus de la tête, du vert et des arbres à perte de vue. "C'est un ancien parc privé, donc c'est logique qu'on ait un peu l'impression qu'il soit caché". Axel Demonty gère l'endroit au nom de Bruxelles-environnement. Un parc exceptionnel puisqu'il serait tout simplement le premier parc à l'anglaise établi sur le continent européen, au milieu du 18ème siècle. Alors que jusque là, c'est le style à la française qui dominait. "Le style à la française, c'est très structuré : de grandes perspectives, de grandes lignes droites. Les étangs sont carrés, les plantes impeccablement taillées. Le meilleur exemple, ce sont les jardins de Versailles". 

A l'inverse, le style "à l'anglaise" débarque au début de la révolution industrielle. Une sorte de volonté de retour à la nature, alors que la machine maîtrise de plus en plus l'industrie. Le jardins à l'anglaise veut sublimer le naturel, plutôt que le dominer. On va donc utiliser les pentes déjà existantes, créer des étangs qui ont l'air d'avoir toujours été là et surtout laisser beaucoup d'arbres, très denses. Un sorte de petite jungle en apparence, mais en fait complètement organisée. 

En 1765, alors que la Belgique est sous domination autrichienne, le site est racheté par un certain Adrien Ange de Walckiers. L'homme commence alors à faire transformer les jardins à la française du château, avec de petite touches à l'anglaise. "On ne sait pas trop pourquoi", explique Axel Demonty. "Mais des textes datés de 1786 évoquent quelques détails sur place d'éléments "à l'anglaise". C'est sur base des ces écrits qu'on peut affirmer aujourd'hui que ce parc est l'un des, sinon, le premier parc à l'anglaise du continent européen. Une tendance qui sera accentuée par les propriétaires suivants, dont plusieurs sont justement Britanniques. L'endroit gardera le nom de parc Walckiers".  

Parc exceptionnel, mais... fermé au public

Le château et son domaine vont ensuite être rachetés en 1898 par la congrégation religieuse des Dames de la Sainte-famille, avant qu'une partie ne soit transformée en cimenterie après la deuxième guerre mondiale. Le lieu perd alors un peu sa vocation de parc jusqu'à la fin des années 80, lorsque la région en reprend la gestion et décide d'y laisser à nouveau la nature s'installer. 

Aujourd'hui, le vert et les arbres ont donc totalement repris leurs droits, à l'ombre du château devenu l'école de l'Institut de la Sainte-famille. Au point de devoir fermer le parc au public. "C'est une zone de haute valeur biologique. Il y a une telle densité d'arbres qu'il y aurait un risque de chute, et donc d'accidents pour des promeneurs non-avertis. Sans oublier que le calme en fait une zone idéale pour le développement de plantes et d'animaux rares à Bruxelles".    

Des animaux comme le lérot. Un petit rongeur d'environ 15 centimètres dont la particularité est d'avoir une sorte de masque noir autour des yeux. "Ce qui lui donne un petit air de bandit et qui le rend tout à fait sympathique, parce qu'il est tout mignon".

Grottes et même obélisque

Et il n'est pas le seul habitant original des lieux. Au fil des chemins du parc Walckiers, on tombe sur des grottes artificielles et un peu kitsch faites de pierres et de béton. Il y a aussi des socles d'anciennes statues et même un... obélisque qui surgit presque de nulle part entre deux arbres ! 

"L'une des théories est aussi que ce parc et ce jardin sont d'inspirations franc-maçonnes. Il s'agirait donc de symboles maçonniques qui se répondent entre eux". Cet obélisque est même situé au dessus d'une petite crête dans laquelle on a creusé... une grotte-tunnel pour passer en-dessous.  

Bref, ce parc est un lieu unique en son genre à Bruxelles, malheureusement uniquement accessible à l'heure actuelle lors de visites guidées.

Des visites guidées qui sont organisées notamment par l'ASBL Cebe, n'hésitez pas à les contacter si vous êtes intéressés. 

https://www.cebe.be

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