Samusocial: des rémunérations de Mayeur et Peraïta plus élevées qu'annoncé

Pascale Peraïta et Yvan Mayeur dans la tourmente du Samusocial
Pascale Peraïta et Yvan Mayeur dans la tourmente du Samusocial - © Bruno Fahy - Belga

Chaque semaine qui passe apporte son lot de révélations dans le dossier relatif à la gouvernance du Samusocial de Bruxelles. Le bien fondé et la qualité du travail effectué par les équipes auprès des personnes sans abri ne sont pas ici mis en cause.

Les problèmes ne concernent que les jetons de présence perçus par les administrateurs et les membres du bureau, en l'espèce Yvan Mayeur (démissionnaire en janvier 2017), Pascale Peraïta, présidente du Cpas de la Ville de Bruxelles, sa cheffe de cabinet et le président du CA, le docteur Michel Degueldre.

Des jetons sur 12 mois, pas sur 10

En 2016, le Samusocial a prévu 59.920 euros pour payer les jetons de présence de ses administrateurs et membres du bureau. En 2015, le montant se limitait à 56.000 euros. A 140 euros bruts le jeton de présence, cela implique un très grand nombre de réunions annuelles, avait calculé le député Ecolo Alain Maron. Le président Degueldre et l'administratrice-déléguée Peraïta se sont longtemps refusés à toute explication, arguant du statut privé de l'asbl Samusocial.

La semaine passée, toutefois, ils ont livré quelques éléments à nos confrères du Soir : le bureau se réunit 10 fois par mois, 10 mois par an et quatre personnes y perçoivent un jeton de présence de 140 euros, ce qui fait 56.000 euros. La différence avec les 59.920 euros provient des trois conseils d'administration tenus en 2016. L'explication avait laissé les observateurs dubitatifs: des personnes par ailleurs déjà employées à plein temps peuvent-elles vraiment se libérer de leurs obligations pour assister à 10 réunions mensuelles au Samusocial?

Nous venons d'entrer en possession des vrais chiffres pour 2015 et 2016. En 2016, Pascale Peraïta a perçu 11x1400 euros et 1x1680 euros soit un total de 17.080 euros (bruts). Yvan Mayeur a pour sa part empoché 12x1400 euros, soit 16.800 euros (bruts). En 2015, Pascale Peraïta comme Yvan Mayeur ont perçu 18.900 euros (bruts) sur 12 mois. 12 mois, donc, et pas 10 comme prétendu par le tandem Degueldre-Peraïta. Peut-on vraiment croire que le bureau du Samusocial se réunit aussi pendant les deux mois des vacances d'été ou s'agit-il de contacts téléphoniques, d'échanges de courriers électroniques? Ou n'y a-t-il tout simplement pas de réunion du tout en juillet-août? Autant de question que devront éclaircir dans les prochains jours les commissaires du gouvernement envoyés vendredi passé chercher la comptabilité et les PV de réunion au siège du Samusocial.

Des fonds propres... négatifs

Autre explication à géométrie variable des responsables de l'asbl: l'origine des fonds servant à rémunérer les administrateurs. Le président du Samusocial, Michel Degueldre, nous l'assurait le mois dernier : pas un centime d'argent public ne sert à payer les jetons de présence. Tout l'argent versé par la Commission communautaire commune ou le gouvernement fédéral sert intégralement à la prise en charge des sans abris. La conclusion semblait couler de source, l'argent provient donc des dons des particuliers et des entreprises au Samusocial.

Une conclusion embarrassante pour les administrateurs puisqu'elle risque de les mettre en porte-à-faux avec certains bailleurs de fonds, sans doute pas ravis d'apprendre ainsi la destination de leur argent. Ce matin, le Soir nous apprend qu'une autre explication serait en préparation. L'enveloppe des jetons de présence serait prélevée sur "les moyens permanents de l'asbl, ses fonds propres".  Une vérification des comptes publiés par la centrale des bilans de la Banque Nationale invalide cette thèse. Tant en 2014 (-76.074 euros) qu'en 2015 (-35.049 euros, dernier chiffre disponible), les fonds propres de l'asbl étaient dans le rouge. Le conseil communal de la Ville de Bruxelles, ce mardi, s'annonce animé. Nous n'avons pu joindre ni Yvan Mayeur ni Pascale Peraïta avant la mise en ligne de cet article.

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