RER à Bruxelles: quel était le projet? Qu'en est-il maintenant?

Le RER autour de Bruxelles, cela sonne comme une bonne blague belge. Annoncé depuis des années, il est encore loin d'être terminé... et ne le sera peut-être jamais. Alors que la capitale est de plus en plus engorgée et que tunnels en piteux état, piétonnier et autres chantiers compliquent la vie des automobilistes à Bruxelles, qu'en est-il du train ?

Le RER, c'est quoi ?

Bien que pensé depuis de nombreuses années, le projet du RER (Réseau express régional) autour de Bruxelles se matérialise à partir de 2004, avec les premiers travaux d’infrastructure.

Partant du constat que Bruxelles est engorgé, les autorités veulent développer l’offre ferroviaire vers et dans la capitale.

Le projet, qui devait être opérationnel en 2012, est ambitieux (voir le plan d’investissements 2004-2007) : au minimum un train toutes les 15 minutes en heures de pointe, des tarifs harmonisés et des correspondances optimisées entre trains, métro, bus et tram, en collaboration avec la STIB, De Lijn et les TEC.

En tout, "neuf relations ferroviaires étroitement interconnectées et de cinq lignes de bus destinées à desservir les zones où le train ne passe pas".

(Pour visualiser la carte en plus grand, cliquez ici).

Afin de réaliser ce projet, de nombreux travaux sont nécessaires. Un tunnel doit être construit entre les gares de Watermael, Schuman et Josaphat à l’intérieur de Bruxelles.

Et en dehors de la capitale, cinq lignes doivent être passées à quatre voies, afin que les trains du RER ne ralentissent pas les trains plus rapides IC et IR.

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Les travaux à effectuer pour le RER en 2004 © SNCB

Pourquoi ces retards ?

Initialement prévue pour 2012, la mise en service du RER a été repoussée de nombreuses fois. : 2019, 2020, 2025… Et maintenant peut-être jamais. Qu’est-ce qui coince ?

Mis à part l’argent qui vient à manquer (inflation des investissements sans cesse reportés, erreurs de calculs à la base, économies, etc.), le RER a rencontré de nombreux obstacles sur son chemin.

Notamment des obstacles politiques, les visions de Bruxelles et de l’intérêt d’un RER étant bien différentes entre entités fédérées et fédéral, comme le notait Brussels Studies en 2014.

Des obstacles dans la réalisation des travaux également. Des permis d’urbanisme ont à de nombreuses reprises été annulés, notamment à la hauteur de la gare de Linkebeek (une belle histoire belge également, à lire ici).

Où en est-on ?

En janvier 2016, le réseau RER est loin d’être terminé. Et il ne pourrait en fait jamais l’être, la ministre fédérale de la Mobilité Jacqueline Galant (MR) ayant annoncé récemment qu’il manque plusieurs millions pour mener à bien les travaux sur les lignes 124 (Bruxelles-Nivelles) et 161 (Bruxelles-Ottignies-Louvain-La-Neuve).

Les lignes reliant Bruxelles à la Flandre sont, elles, soit terminées, soit en passe de l’être.

(Cliquez ici pour visualiser la carte en plus grand)

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Où en est le RER ? © Infrabel

"L’offre ferroviaire suburbaine" (une forme raccourcie de RER) a cependant été lancée en décembre 2015. Mais seulement partiellement, la mise en service du tunnel Schuman-Josaphat ayant été reportée de décembre 2015 à avril 2016.

L’offre suburbaine comprend de nouvelles dessertes et "des correspondances entre train, tram, bus, métro, voiture et vélo", comme le note le site de la SNCB.

(Pour agrandir la carte, cliquez ici)

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Offre suburbaine © Belgianrail

En mars 2015, le réseau RER existant était exploité à 62%. La ministre Galant affirmait à ce moment-là que l’objectif était d’atteindre 90% d'ici à 2017, en augmentant la fréquence des trains et en mettant en circulation des trains supplémentaires.

C'était avant d'annoncer que les deux lignes wallonnes pourraient ne jamais voir le jour. Elle s'en explique à la commission Infrastructure de la Chambre ce mardi après-midi.

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