Quelque 150 conducteurs de la STIB assignent leur employeur pour la reconnaissance du droit de retrait

La semaine du 11 mai, le personnel roulant de la STIB est appelé à prendre le travail avec des mesures sanitaires revues à la baisse. Quelque 1300 conducteurs de bus et de tram refusent d'assurer leur mission dans de telles conditions et invoquent le droit de retrait. En réponse, la STIB considère que le droit de retrait ne s'applique pas, que les agents de conduite concernés se sont absentés sans motif valable et que leur salaire ne doit pas leur être versé. 

Devant le tribunal du travail

6 mois plus tard, la pilule n'est toujours pas passée auprès de certains travailleurs. Ils sont actuellement environ 150 à assigner leur employeur, la STIB, devant le tribunal du travail, pour récupérer la semaine de salaire dont ils ont été privés à la suite de leur refus de travailler dans des conditions qu'ils jugeaient dangereuses ou risquées. Leur avocate, Sophie Remouchamps, insiste sur le caractère exceptionnel d'une telle action en justice. 

"Il est extrêmement compliqué pour des personnes d'introduire une procédure alors qu'elles sont toujours sous contrat de travail. Si on regarde les litiges qui sont introduits au niveau du tribunal du travail, vous constaterez que plus de 90% de ces affaires sont le fait de travailleurs qui ne sont plus en service auprès de leur employeur. Il est extrêmement rare d'avoir des travailleurs qui osent aller en justice alors qu'ils sont toujours sous contrat de travail avec leur employeur. Donc ça explique évidemment qu'il n'y ait qu'une partie d'entre eux qui osent demander justice sur la question du droit de retrait". 

La longueur de la procédure est estimée à un an environ devant le tribunal du travail de Bruxelles. Sans compter, bien sûr, un éventuel (et probable) appel de la partie n'ayant pas obtenu satisfaction. 

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