Quand votre banquier se prend pour la police: la mésaventure d'une Bruxelloise

Quand votre banque se transforme en policier
Quand votre banque se transforme en policier - © Rtbf

Marie Peltier est une citoyenne engagée en faveur des droits du peuple syrien. Au fil du temps, elle a acquis une bonne connaissance des enjeux et de la situation, au point d'être sollicitée par des médias et des organisations humanitaires. Le 17 octobre dernier, Marie Peltier se rend à Paris en Thalys. Elle est invitée à prendre la parole au gala caritatif de l'ONG "Syria Charity". Ce lundi 2 novembre, elle reçoit un coup de fil de son agence bancaire, la BNP Paribas Fortis de la Place Flagey à Ixelles.

"Bonjour Madame, BNP Paribas au téléphone. Le service de sécurité s'interroge sur l'une de vos transactions. Pourriez-vous passer au plus vite à notre agence?" - "euh... De quoi s'agit-il? Depuis quand doit-on justifier ses transactions?" - "Il semble que vous ayez réservé des billets Thalys il y a 15 jours. Nous voudrions savoir la raison de votre déplacement..." - "C'est une blague ou quoi?"

Attitude irrationnelle

Voila comment la jeune femme relate les faits sur sa page Facebook. Ce mardi, Marie Peltier s'est rendue à son agence en quête d'explications. La BNP voulait connaître la justification d'un versement de 130 euros effectué par Syria Charity au bénéfice de sa cliente, et en attendant, bloque la somme. Une vérification élémentaire aurait pourtant permis de savoir que "Syria Charity" est une grosse ONG française, reconnue et subventionnée aussi bien par la France que par l'Union européenne. Elle n'a donc aucun lien avec l'une ou l'autre des parties au conflit qui ravage la Syrie et n'entretient aucun rapport avec le terrorisme. En outre, ce n'est pas l'ONG qui recevait de l'argent, mais bien Marie Peltier qui se voyait rembourser ses frais de séjour et de déplacement en tant qu'invitée. Ce qui n'empêche pas la banque franco-belge de justifier son attitude via le communiqué suivant:

"Les nouvelles exigences de la société civile, l'évolution du contexte international et les réglementations imposent aux banques de renforcer leurs procédures de connaissance de leurs clients dans le but, notamment, de mieux lutter contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Ces dispositions permettent au groupe de se développer dans des conditions optimales de sécurité pour ses clients et de mieux répondre à leurs besoins grâce à une meilleure connaissance de leurs enjeux."

Pour Marie Peltier, l'attitude de la banque relève de l'irrationnel : la BNP a associé Syrie et Thalys et la paranoïa a fait le reste. La réponse de la banque laisse pourtant prévoir d'autres désagréments pour les clients en lien avec des causes comme le Syrie ou la Palestine.

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