"Pour améliorer la sécurité routière à Bruxelles, il faut aller sur le terrain"

Trois associations de citoyens veulent emmener les décideurs politiques sur le terrain pour parler sécurité routière à Bruxelles, le Bral, Filter Café et Heroes for zero. Elles lancent le projet "L’autre Atelier", qui veut notamment organiser des balades sécurité routière. La première de ces balades a eu lieu il y a quelques jours dans plusieurs rues de Ganshoren. Alors pourquoi cette méthode ? Nous avons suivi l’un des responsables du projet à Schaerbeek pour qu’il nous explique l’intérêt.

Route étroite, mais très chargée

Nous sommes au cœur du quartier Helmet à Schaerbeek. Un endroit plutôt animé et assez bruyant. Il faut dire qu’ici, nous sommes sur une petite place au pied de l’église, à côté d’une friterie et le long d’une rue qui compte beaucoup de magasins et de commerces. "La Chaussée d’Helmet est un bon exemple des difficultés en matière de sécurité routière à Bruxelles", explique Wiet Vandaele de l’association "Heroes for zero", qui joue les guides d’un jour.

"C’est une rue plutôt étroite, mais en même temps on a ici les trams qui passent, les voitures qui dépassent ou qui se garent, des vélos qui roulent au milieu de tout cela, ainsi que des piétons nombreux sur les trottoirs. En plus, il y a ici deux écoles, les Instituts Champagnat et Heilige Familie".

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Wiet Vandaele devant le passage pour piétons où une petite fille a été renversée par une voiture l'an dernier en traversant © B. Schmitz - RTBF

Un carrefour donc déjà délicat en temps normal et qui a, en plus, été marqué par un accident grave l’an dernier. "Une petite fille de trois ans a été renversée et blessée par une voiture alors qu’elle traversait la chaussée, accompagnée de sa maman. Elle était sur le passage pour piéton et la voiture ne roulait pas trop vite. Mais l’automobiliste n’a pas fait attention pendant une seconde. Et une seconde, cela suffit pour avoir un accident".

Depuis rien ou presque n’a changé à cet endroit, comme à d’autres lieux problématiques d’ailleurs, selon trois associations. Voilà pourquoi elles ont décidé de se grouper pour agir, notamment en amenant les décideurs directement sur le terrain pour venir constater les problèmes de visu. "Nous ne sommes que des citoyens, pas des ingénieurs. Mais on veut vraiment donner le signal aux politiciens que, à Bruxelles, on a besoin de faire des choix, de dire : à cet endroit, dans cette rue, on donne la priorité aux piétons. Ou on donne la priorité aux trams. Ou aux voitures. Mais peut-être arrêter de faire un petit peu pour chaque mode de transport et que, au final, personne n’en est satisfait".

Confronter les responsables directement aux problèmes sur le terrain

Pour le groupement "L’autre Atelier", il faut agir maintenant parce que le gouvernement bruxellois est en train de préparer un nouveau plan d’action en matière de sécurité routière pour les dix ans à venir. "Pour le mettre en place, le gouvernement et son administration Bruxelles-Mobilité ont mis en place un processus de consultation normal des associations actives en matière de mobilité. C’est très bien et nous y sommes associés. Mais nous, en tant qu’association citoyennes, on estime qu’on peut aller plus loin. On veut que ce processus sorte des salles de réunion et pouvoir confronter les responsables directement aux problèmes sur le terrain. Maintenant, le but est aussi de les emmener à des endroits où on peut leur montrer ce qui a été bien fait. Par exemple, à Saint-Gilles, où la Région vient d’améliorer grandement la sécurité routière grâce à des marquages au sol réalisés à un carrefour".

Ce carrefour, c’est celui qui relie la rue de Tamines à la Chaussée de Waterloo. Les responsables politiques pourront le découvrir lors de la prochaine balade sécurité routière de l’Autre atelier, prévue justement à Saint-Gilles, le 9 décembre.

Sécurité routière dans les grandes villes: archives JT du 14/06/2019

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