Polémique autour de la 5G : le Parlement bruxellois interpellé

Polémique autour de la 5G : ondes.brussels demande au parlement bruxellois de s'opposer à son déploiement
Polémique autour de la 5G : ondes.brussels demande au parlement bruxellois de s'opposer à son déploiement - © Jonas Hamers / Image Globe

L'initiative citoyenne ondes.brussels, attentive à l'impact de la pollution électromagnétique sur la santé et l'environnement, a remis jeudi matin au parlement bruxellois un nouveau rapport, lui demandant, cette fois, de prendre les mesures nécessaires pour arrêter le déploiement du réseau 5G dans la capitale. Plus globalement, l'organisation soutenue par plusieurs associations et organisations actives dans la défense de cette cause, ainsi que par de nombreux comités de quartier, demande de réduire l'exposition électromagnétique de la population.

Ondes.brussels avait remis au printemps dernier un premier rapport visant à documenter les risques sanitaires et environnementaux associés aux technologies sans fil déjà en place via les réseaux 2, 3 et 4 G ainsi que le wifi. Celui-ci expliquait pourquoi, aux yeux d'ondes.brussels, les normes en vigueur sont totalement insuffisantes pour protéger la population et l'environnement.

Le gouvernement bruxellois et les opérateurs de téléphonie mobile ont conclu en juin dernier un protocole d'accord afin de permettre le développement de la 5G en Région bruxelloise à partir de 2020, avec comme ambition de faire de Bruxelles la première ville 5G du pays.

Norme d'émission revue à la hausse

Selon ondes.brussels, le gouvernement régional ambitionne, par conséquent, de multiplier par six les limites d'exposition actuelles, la 5G nécessitant un réseau d'antennes encore plus dense et plus proche des lieux de vie et de repos que les technologies en place.

Pour ondes.brussels, il y a une asymétrie flagrante entre les avantages de la 5G et ses inconvénients.

Avec quel impact sur la santé?

Le document destiné au parlement et au gouvernement bruxellois s'appuie sur une littérature scientifique sur des effets, notamment cancérigènes, possibles, selon l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), ainsi que sur l'atteinte qu'elle peut engendrer sur les systèmes biologiques. On y trouve six pages de références bibliographiques et de publications scientifiques sur le sujet.

D'après Wendy De Hemptinne, physicienne de formation, et cofondatrice d'ondes.brussels, au-delà d'un impact cancérigène potentiel, la pollution électromagnétique engendre une réaction du corps par de l'oxydation et de l'inflammation. A force d'être entretenues, celles-ci occasionnent des troubles du sommeil, des perturbations des fonctions cérébrales et reproductives, des dommages aux cellules et à l'ADN, et, à terme, un épuisement des systèmes de défense du corps.

Une mobilisation internationale

Le rapport remis à la présidente de la commission de l'Environnement du parlement bruxellois, Vivianne Teitelbaum (MR) rappelle par ailleurs que parmi de nombreux appels nationaux et internationaux de scientifiques demandant un moratoire sur le développement de la technologie 5G, il y a eu celui de 180 scientifiques et médecins de 35 pays adressé à la Commission européenne, le 13 septembre 2017, au lendemain de l'annonce par l'Union européenne de sa volonté de s'engager dans ce développement. Cet appel a été suivi le 26 avril dernier d'un autre, dans le même sens, de la Société internationale des docteurs de l'environnement, composée de médecins, de professionnels de la santé et de scientifiques.

Pour Charles Six, cofondateur d'ondes.brussels, les assurances du gouvernement bruxellois selon lesquelles le principe de précaution serait appliqué dans ses décisions en la matière sont "largement insuffisantes pour garantir la protection de la santé et de l'environnement contre les risques liés à la pollution électromagnétique générés par les technologies de la communication sans fil. Les différents instituts conseils et comités que le gouvernement consulte n'ont pas de compétence en matière de santé. La méthodologie du comité d'experts appelé à remettre son avis au gouvernement ne permet pas de rendre compte de l'actualité scientifique sur la question".

Archive : Soir Première 23/10/2018

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