Piétonniser les quartiers commerçants fait-il fuir la clientèle ? Non, tranche une étude de l'ULB

Projet alternatif de réaménagement de la Toison d'Or, tel que vu par les commerçants du quartier.
Projet alternatif de réaménagement de la Toison d'Or, tel que vu par les commerçants du quartier. - © Architecte Pierre Lallemand

Moins de place pour les voitures, plus d’espace pour les piétons : c’est la tendance à l’œuvre dans bon nombre de projets de réaménagement d’artères commerçantes en Région bruxelloise. Une tendance qui s’accompagne très souvent d’une crainte : celle des commerçants de perdre une bonne partie de leur clientèle habituée à venir faire du shopping en voiture.

Mais ces craintes sont-elles fondées ? C’est la question au centre d’une étude que publie ce lundi l’ULB, à la demande du Gracq, une association de cyclistes quotidiens. Six étudiants du Master en Science et Gestion de l’Environnement de l’ULB se sont intéressés aux quartiers de la Toison d’Or et du Sablon, où deux projets de réaménagement ne font pas l’unanimité.

Une image globalement déformée de la réalité des déplacements

Pendant six mois, ils ont interrogé près de 300 clients et une petite centaine de commerçants. Principale conclusion de cette étude ? Les commerçants ont "une image globalement déformée de la réalité des déplacements de la clientèle".

Pour prendre l’exemple de la Toison d’Or (extrapolable au Sablon), 65% des commerçants interrogés pensent que leurs clients viennent principalement en voiture. Mais quand on interroge les clients, fait remarquer l’ULB, ils ne sont que 19% à déclarer être arrivé dans le quartier en voiture.

A cette perception tronquée de la réalité, s’ajoute un autre élément prospectif qui devrait rassurer les commerçants : selon cette enquête, huit à neuf clients sur dix déclarent qu’ils continueraient "à se rendre dans ces quartiers et à y fréquenter les commerces si ceux-ci devaient être piétonnisés."

Commanditaire de l’étude, le Gracq se réjouit des conclusions. "Cette enquête démontre que les craintes des commerçants sont en partie infondées, car elles reposent sur une méconnaissance des pratiques de mobilité de leur clientèle et ne tiennent pas compte de l’évolution générale des habitudes de mobilité, estime Florine Cuignet, chargée de politique bruxelloise au GRACQ. Or l’expérience démontre, ici comme à l’étranger, que la transformation des artères commerçantes en espaces plus conviviaux, donc plus attractifs, a un impact positif sur l’économie locale."

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