Pascal Smet: un péage pour les conducteurs individuels à Bruxelles?

Pascal Smet, ministre bruxellois de la Mobilité, veut encourager le covoiturage à Bruxelles
Pascal Smet, ministre bruxellois de la Mobilité, veut encourager le covoiturage à Bruxelles - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

Il faut inciter au covoiturage et éventuellement pénaliser les conducteurs individuels en leur imposant un péage. C’est aujourd’hui le message de Pascal Smet (sp.a), le ministre de la Mobilité en Région bruxelloise. Interrogé par Bertrand Henne sur les ondes de Matin Première, il est revenu sur la manifestation des chauffeurs de taxis contre Uber qui s’est déroulée mercredi à Bruxelles. "On continue de travailler sur un cadre global pour le transport rémunéré des personnes à Bruxelles avant la fin de l’année. Je veux que le gouvernement bruxellois tranche définitivement." Il veut avant tout que les droits des taximen soient respectés.

Dans ce climat tendu qui règne entre les taxis et la société Uber, Pascal Smet ne souhaite pas se positionner en faveur ou en défaveur d’Uber. " Moi je ne suis pas pour ou contre Uber, je trouve qu'Uber est pour le moment illégal et qu'Uber ne répond pas à nos conditions. Par conséquent je ne veux pas le légaliser."

"Je pense qu’on doit arriver dans un système de carsharing"

Pour le ministre bruxellois il faut révolutionner la façon de nous déplacer à Bruxelles. " Je veux faire un cadre dans lequel on peut plus facilement se déplacer à Bruxelles et qu’on ait moins de voitures. Je pense qu’on doit arriver dans un système de carsharing " dit-il. Pascal Smet voudrait, à terme, que les Bruxellois n’aient plus de voiture individuelle privée mais qu’à chaque fois qu’ils ont besoin d’un véhicule, qu’ils puissent en louer un disponible dans la ville. " La question à l’avenir n’est pas de dire oui ou non à Uber ou oui ou non aux taxis (…) mais surtout qu’on n’exploite pas les gens et que les droits des travailleurs soient respectés."

Pascal Smet veut avant tout que toutes les personnes qui transportent des gens à Bruxelles, le fassent dans les mêmes conditions et qu’il n’y ait pas de concurrence déloyale.

Faut-il faire payer les voitures avec une seule personne à bord ?

C’est actuellement la semaine de la mobilité. "Il y a trop de voitures individuelles. Finalement, si on analyse vraiment le problème on constate que chaque jour il y a 250 000 voitures qui rentrent dans Bruxelles souvent avec une seule personne dedans."

Le ministre bruxellois de la Mobilité suggère que si une grande partie des automobilistes partageaient leur voiture, il y aurait moins de trafic. Mais comment faire pour mettre en relations les navetteurs individuels? Pascal Smet veut créer une application "sexy", facile à utiliser et qui serait populaire.

Il propose également pour réduire le nombre de voitures, de faire payer plus les conducteurs qui roulent seuls. Ceci n’est pour l’instant qu’une des propositions qui seront à examinées. "Les gens qui partagent la voiture ne payent pas plus mais ceux qui choisissent de faire ça individuellement prennent beaucoup plus d’espace public et payent plus. C’est une des solutions."

Supprimer le piétonnier ? Hors de question !

En ce qui concerne le nouveau piétonnier de Bruxelles, Pascal Smet ne veut pas le remettre en cause. Il ne sera en aucun cas supprimé mais pourrait être élargi. Il estime que "la ville est un être vivant. La ville doit s’adapter à ce changement, ça prend du temps. A Gand et dans d’autres villes ça a pris deux ou trois ans avant qu’il y ait une véritable adaptation et ça va arriver à Bruxelles aussi."

Migrants : tous les acteurs belges doivent prendre leurs responsabilités

Si Pascal Smet s’occupe aujourd’hui de la mobilité à Bruxelles, il a été dans le passé commissaire général aux réfugiés et aux apatrides. Connaissant donc bien la problématique des migrants, il estime que "le plan de répartition doit être le plus rapidement activé." Il aimerait que toute la Belgique prenne ses responsabilités. Il regrette le temps d’attente auquel sont confrontés les migrants avant d’être redirigés vers un centre d’accueil. "Je pense que maintenant on doit travailler ensemble (…) et faire en sorte que le parc Maximilien soit le plus rapidement vidé, que les gens aient un accueil digne de ce nom et qu’on puisse entrer en hiver avec un dispositif hivernal digne." a ajouté le ministre.

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