Néo 2 est mort : il n'y aura pas de nouveau (gros) centre de congrès au Heysel

Le projet, conçu par l'architecte français Jean Nouvel
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Le projet, conçu par l'architecte français Jean Nouvel - © RTBF

Le projet avait été présenté en grande pompe il y a deux ans. Un centre de congrès de 5.000 m², un hôtel de luxe quatre étoiles de 250 chambres et, pour dessiner le projet, une pointure de l’architecture internationale : l’architecte français Jean Nouvel (musée du Quai Branly à Paris, Tour Agbar à Barcelone ou encore, plus près de nous, le nouvel hôtel de police de Charleroi). De quoi permettre à Bruxelles de renforcer sa position de deuxième ville au Monde en matière d'organisation de congrès, derrière Singapore. 

Mais voilà, Néo 2 ne verra finalement jamais le jour. Le bourgmestre de la Ville de Bruxelles Philippe Close vient de confirmer cette info révélée par l’Echo. "Vu le contexte sanitaire actuel et l’incertitude qui plane sur le secteur des congrès et de l’événementiel, on ne pouvait plus prendre de risques", explique-t-il. "Nous avions promis une réponse définitive à nos partenaires dans ce dossier, à savoir le consortium des entreprises CFE et Cofinimmo, pour la mi-septembre. Cela a encore pris un peu de retard, mais ici c’est bien un point final".

Il est vrai que le secteur de événementiel et des congrès est l’un des plus touché depuis le début de la crise sanitaire. Dernier exemple en date ? Le salon de l’Auto 2021, l’un des plus gros événements de l’année en Belgique, vient d’être annulé. "On ne sait pas ce que va être demain. Alors engager la Ville pour plusieurs années dans un projet de cette taille, ce n’était plus possible", explique Philippe Close.

Un projet de plusieurs centaines de millions d’euros

Mais cette crise est sans doute plutôt la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. D’abord, depuis plusieurs années, d’autres acteurs actifs dans l’événementiel et l’organisation de congrès à Bruxelles, s’opposaient farouchement à Néo 2. De quoi déjà pousser le bourgmestre de Bruxelles, Philippe Close, à mettre Néo 2 "sur pause" en avril 2019.

Ensuite, le nouveau centre aurait coûté très (trop ?) cher. On parle de 300 à 400 millions d’euros à charge de la Ville et de la Région sur 20 ans. Dépense qui n’aura donc pas lieu, même s’il faudra sans doute tout de même mettre un peu la main au portefeuille. "Nous allons bien sûr avoir une discussion financière au sein du conseil d’administration, puisqu’il y avait eu un appel au marché et une attribution. Mais ça, ce sera à voir dans les semaines à venir".

On ne peut pas refuser un investissement comme celui de Néo 1

A noter que Néo 1, l’autre projet de réaménagement du plateau du Heysel, et qui prévoit la construction de 600 logements, d’un centre commercial et de zones de loisirs est, lui, toujours dans les cartons de la Ville. "Ici, on a bien un investisseur prêt à mettre 700 millions d’euros et créer 3.000 emplois. On aura bien besoin d’investisseur après cette crise. Celui qui pense qu’il peut se passer d’un investissement comme cela à l’heure actuelle ne se rend pas compte de la situation économique et sociale dans laquelle nous nous trouvons", ajoute Philippe Close.

Sauf que, là aussi, il y a encore de gros obstacles à franchir. A commencer par obtenir tous les permis urbanistiques, alors qu’il reste des contestations en Flandre notamment. "On espère désormais un début de chantier en 2024", conclut Philippe Close. Alors qu’au départ on parlait d’un chantier terminé en… 2021.

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