Molenbeek: "On arrive aussi à éviter des départs vers la Syrie"

Olivier Vanderhaegen travaille comme fonctionnaire de prévention à Molenbeek.
Olivier Vanderhaegen travaille comme fonctionnaire de prévention à Molenbeek. - © RTBF

Ils sont nés ici et ont grandi ici. Des kets de Bruxelles, en somme, sont impliqués dans les attentats de Paris. Ce constat n’étonne pas Olivier Vanderhaegen. Invité de Vivacité Bruxelles ce mardi matin, le fonctionnaire de prévention de la commune de Molenbeek mène au quotidien, avec son équipe, un travail de terrain auprès des jeunes molenbeekois.

La radicalisation, il a eu le temps de percevoir toutes ses subtilités. "C’est un phénomène interne à notre société, qui n’est donc pas exporté de l’étranger. Le processus peut durer plusieurs années, comme quelques semaines." Un grand écart qui concerne aussi le public cible. "Il n’y a pas vraiment de profil type, reconnait Olivier Vanderhaegen. Ce sont principalement des jeunes de 18 à 35 ans. Ils passent tous par une triple rupture : avec leur réseau, puis avec l’espace public, et enfin avec leur famille."

Issus de la deuxième ou de la troisième génération d’immigration, beaucoup de jeunes ont "un problème d’identité sur lequel s’appuient les recruteurs. Ils vont jouer sur les frustrations individuelles et collectives pour finalement pousser les jeunes à s’identifier à la religion des opprimés."

Les révélations quant aux liens entre Molenbeek et des dossiers terroristes sont-ils la preuve de l’échec des politiques de prévention qui y sont menées ? Certains le pensent, Olivier Vanderhaegen nuance : "On parle des trains qui arrivent en retard, pas de ceux qui sont à l’heure. On a aussi des cas où on arrive à éviter le départ de jeunes vers la Syrie. Et en amont de tout cela, on a des politiques de cohésion sociale, des animations, des projets positifs qui empêchent l’adhésion à de tels discours."

Pour autant, toutes les bonnes volontés sont les bienvenues selon le fonctionnaire de prévention, qui pense particulièrement à l’implication du fédéral. "On a besoin de l’aide de tout le monde pour travailler en synergie totale à un plan d’action concret", conclut Olivier Vanderhaegen.

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