Métro Nord : "La nouvelle ligne de métro existe déjà, c'est la ligne de train 26"

Les sept nouvelles stations de métro prévues à l'horizon 2028.
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Les sept nouvelles stations de métro prévues à l'horizon 2028. - © Beliris

Bien qu’entériné par l’accord de gouvernement, le projet de métro Nord continue de susciter de grosses réserves parmi la société civile. Pour rappel, à l’horizon 2028, il est prévu de relier Evere et Schaerbeek à Forest et Uccle en passant par le centre-ville. Mais après les critiques d’experts scientifiques liées au coût du chantier (près de 2 milliards d’euros) et à l’impact faible sur le désengorgement de la circulation à Bruxelles, c’est au tour de plusieurs associations et de comités de quartier concernés par la future ligne de métro 3 de sortir du bois.

Le constat de ces associations ? Le tracé projeté du métro coïncide en bonne partie avec la ligne 26 de… train ! "La ligne 26 épouse dans sa branche Nord pratiquement le tronçon du métro Nord. Elle a l’avantage d’être une ligne RER qui existe depuis longtemps", explique André Robe, porte-parole du Comité de Défense de l’Altitude 100.

Tracés comparés du futur métro Nord et de la ligne de train 26

Un coup d’œil sur la carte suffit pour constater qu’à Schaerbeek et Evere, métro 3 et ligne 26 de train traverseraient les mêmes quartiers.

Plutôt que de creuser un tunnel de cinq kilomètres et de construire sept nouvelles stations de métro, les signataires de cette lettre ouverte suggèrent donc d’optimiser et de faciliter l’utilisation de la ligne de train 26.

Améliorer les fréquences, intégrer les tarifs

Selon ces associations et comités, la ligne 26 ne pourrait être une alternative au métro que si les fréquences sont augmentées. Actuellement, un train passe toutes les 15 minutes. Les signataires plaident pour un délai d’attente limité à 8 minutes. "Sur cette ligne, on a récemment ajouté un train par heure. Dès que ça a été fait, on a constaté une augmentation de la clientèle, fait remarquer André Robe. On a donc la preuve que rajouter de la fréquence, cela permet à ligne de mieux fonctionner et de drainer une clientèle plus importante."

Mais cette hausse des fréquences est-elle finançable ? Sans aucun doute, répond Thyl Van Ghyzegem : "Plutôt que de mettre le budget dans une infrastructure très lourde, suggère ce chargé de mission en mobilité à Inter-Environnement Bruxelles, on l’utilise pour améliorer les fréquences et inciter à un report modal sur le transport de surface."

Resterait un obstacle de taille : métro (STIB) et train (SNCB et Infrabel) ne sont pas gérés par les mêmes opérateurs. "Il faut que les utilisateurs bruxellois puissent monter facilement dans un train avec un abonnement STIB, De Lijn ou TEC, concède André Robe. Cette intégration tarifaire a déjà reçu l’accord de la Région wallonne, de la Région flamande et du ministre Bellot au nom de la SNCB. Le seul qui cale, c’est la Région bruxelloise, qui serait pourtant largement bénéficiaire de cette intégration tarifaire."

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