Merciki : plateforme d'échange et d'entraide en Wallonie et à Bruxelles

Cette semaine, c'est la semaine du journalisme constructif. À cette occasion, la RTBF met le focus sur des solutions et des innovations mises en œuvre près de chez vous. Premier exemple avec la plateforme "Merciki" : un nouveau réseau numérique d'échange et d'entraide où tout se fait sans aucun payement financier. Il suffit de dire "merci" ou plutôt de donner des "merci", sorte de crédits de la plate-forme. Nous avons rencontré les fondateurs du site web, ceux qui l’utilisent et nous l’avons testée nous-mêmes.

Un déménagement, c'est toujours un peu embêtant mais en solitaire cela peut devenir une véritable galère. Si en plus, vous manquez de temps et que vos amis ne sont pas disponibles, quelle solution reste-t-il ? Engager des déménageurs bien sûr mais sans doute préférez-vous dépenser votre argent pour d'autres choses... Voilà le type de situation pour lesquelles un réseau comme celui de "Merciki" peut vous être utile. Cette nouvelle plate-forme de partage et d'entraide permet justement d'appeler à l'aide en quelques clics. Nous avons posté une annonce sur le site et en quelques heures nous avons reçu une première réponse de Raphaël, un jeune homme de seize ans qui propose ses services dans différentes sections du site, comme "jardinage" ou "bricolage".

Raphaël ne nous connait pas mais il va pourtant passer une bonne heure à nous aider à ranger et monter quelques meubles. On dit souvent que tout travail mérite salaire mais au moment de le récompenser pour ses efforts, il nous explique qu’il est inutile de sortir son portefeuille ou sa carte de banque : "Non, il n’y a pas d’échange d’argent, tout se fait avec des "merci" qui vont avec l’application et qu’on ne sait pas utiliser en dehors de "Merciki" (…) ensuite je peux les utiliser pour acheter des objets qui sont proposés sur Merciki ou alors je peux demander d’autres services. Il y a du jardinage, du babysitting, il y a plein de choses donc c’est vraiment un échange" nous raconte Raphaël.

Nous avions reçu dix "merci" au moment de nous inscrire sur le site et nous les avons proposés à Raphaël qui avait accepté l’offre à distance, après avoir demandé quelques détails sur le travail à effectuer (assez léger et rapide dans notre cas). L’inscription et les discussions se font via un site internet facile d’utilisation mais il n’y a pas encore d’application proprement dite. Quelques clics supplémentaires nous permettent de confirmer la " transaction " avec Raphaël. Celui-ci avait déjà accumulé un certain nombre de " merci" qu’il a utilisé pour s’offrir ce qu’il aime : "j’ai déjà fait du jardinage pendant trois heures chez quelqu’un par exemple et après il m’a rémunéré avec cinquante " merci " que j’ai pu réutilisé par la suite pour m’offrir un jeu de société chez quelqu’un d’autre".

La plate-forme "Merciki" permet donc ainsi d’échanger à la fois des services et des objets. Le même jour, nous retrouvons Patrick, qui a rendez-vous avec Chloé pour récupérer un casque de vélo qu’il a repéré sur le site : " moi j’ai déjà donné des objets aussi donc j’ai gagné des " merci " et avec ceux-là et bien je peux avoir d’autres objets comme ça. Ici avec quatre "Merciki" je peux avoir un casque de vélo donc c’est super ", se réjouit-il. "Ce sont des objets que l’on a chez soi et qui ne servent plus et on se dit que c’est un peu dommage parce qu’ils pourraient servir à quelqu’un d’autre (…) la motivation c’est que tout le monde puisse participer en fait, même si on n’a pas beaucoup de moyens et bien finalement on a le droit d’avoir des " merci " au départ de la plate-forme quand on s’inscrit donc on peut déjà commencer à participer et donc voilà, l’idée c’est que tout le monde puisse échanger, tout le monde a quelque chose à donner" complète Chloé.

Encore une fois, il n’y a ici aucun transfert financier et Patrick quitte Chloé sur un simple "merci beaucoup" et une confirmation de l’échange sur le site en un clic.

Mais alors, quelle différence entre ce type de plate-forme et les bourses du temps, les donneries ou les SEL (les Services d’échange locaux) qui existent déjà ? Pour le concepteur de "Merciki", Johan Corsini, son site internet permet de rassembler toutes ces idées en un seul grand réseau, accessible dans toute la Belgique et plus facile d’utilisation : "on a l’envie de devenir la version numérique, la version 2.0 de tout ce qui est SEL ou donnerie. L’objectif n’est pas de les remplacer. D’ailleurs il y a des SEL qui nous ont contacté et qui sont intéressés de rejoindre "Merciki" sous la forme d’un groupe dans lequel il pourraient faire des échanges privilégiés entre eux mais également échanger avec les autres membres" explique-t-il.

La difficulté pour les utilisateurs reste peut-être de déterminer combien de "merci" demander pour le service ou l’objet qu’ils proposent. A ce sujet, Johan Corsini émet une suggestion : " on donne comme recommandation de faire comme si un "merci" valait un euro. A terme, on ira vers un système où il y aura une suggestion d’un nombre de merci en fonction du travail ou de l’objet demandé" développe-t-il.

Avec un peu plus de 2500 inscrits à Bruxelles et en Wallonie, le défi pour "Merciki" sera maintenant d’augmenter suffisamment ce nombre, afin que chacun trouve le service qu’il recherche près de chez lui.

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