Manneken pis fait pipi du lait pour la bonne cause

L'an dernier déjà, Manneken Pis avait revêtu son costume de berger Peul pour la bonne cause.
L'an dernier déjà, Manneken Pis avait revêtu son costume de berger Peul pour la bonne cause. - © MannekenPis.be

En cette journée mondiale du lait, Manneken-Pis va enfiler un costume d’éleveur africain et il va uriner du lait toute la journée. L’idée provient de l’ONG Vétérinaires Sans Frontières. "Par cette action, l'ONG veut attirer l’attention sur l’Afrique, et en particulier sur les éleveurs africains pour qui le lait est une source essentielle d’alimentation et de revenu", explique Aude Delcoigne, responsable de la communication. 

Car si en Belgique, une vache produit en moyenne entre 25 et 35 litres de lait par jour, une vache africaine produit, elle, dans le meilleur des cas, deux à trois litres de lait par jour. Et bien souvent d’ailleurs, la production n’atteint même pas un litre de lait par jour, en particulier pendant la saison sèche, par manque d’eau et de pâturages.

Quelles solutions pour améliorer la situation des éleveurs? "Améliorer l’alimentation des vaches, leur accès à l’eau, mais également en améliorer la santé et les soins vétérinaires. De cette manière, les vaches peuvent produire de plus grandes quantités de lait de meilleure qualité, ce qui améliore directement les conditions de vie des éleveurs puisqu’ils ont accès à plus de nourriture et de revenus", avance Aude Delcoigne. 

Cela est d'autant plus primordial que les animaux d’élevage ont une importance toute différente en Afrique par rapport à la Belgique. C’est non seulement une source de nourriture, mais aussi une source de revenus puisqu’on peut en vendre le lait, les œufs, la viande ou encore la peau. Ils servent aussi de force de traction sur les champs, ils servent pour le transport ou pour l’épandage sur les cultures et bien sûr ça a un rôle social très important, notamment lors de cérémonies religieuses ou pour la dot.

Et en Belgique?

La situation des éleveurs laitiers belges n’est pas facile non plus. Avec des prix de vente sujets à de fortes fluctuations, ils ne peuvent que rarement rentrer dans leurs frais. "C'est la raison pour laquelle nous sommes à Bruxelles avec la coopérative Fairebel, que nous soutenons pour stimuler la solidarité entre les éleveurs du monde entier. Cette coopérative d’agriculteurs belges, suite à la crise du lait en 2009 a décidé de se réunir et de former un label de lait équitable qui offre un revenu rémunérateur à tous les éleveurs", explique Aude Delcoigne. Une solution où le client accepte de payer un tout petit peu plus cher en sachant que cet argent ira pour l’éleveur tout en défendant un élevage familial à petite échelle et une empreinte écologique faible.

Cet événement sera l'occasion pour le ketje de Bruxellesde revêtir son costume de Peul, une communauté d’éleveurs transhumants d’Afrique de l’Ouest, qui vivent principalement de l’élevage.

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