Manifestation syndicale: faut-il craindre de nouveaux débordements?

Manifestation syndicale : faut-il craindre de nouveaux débordements ?
Manifestation syndicale : faut-il craindre de nouveaux débordements ? - © © LAURIE DIEFFEMBACQ - BELGA

Plusieurs dizaines de milliers de manifestants sont attendus ce mercredi à Bruxelles. À l’appel du front commun syndical, ils vont à nouveau dénoncer les mesures du gouvernement Michel qu’ils jugent antisociales. Le cortège partira de la gare du Nord vers 11 heures et se dirigera ensuite vers la gare du Midi. Il y a quasiment un an une manifestation similaire avait dégénéré sur la fin du parcours. Aujourd’hui, des mesures sont-elles prises pour éviter un tel scénario ?

Va-t-on revivre ces scènes de guérilla ? Il y a un an des manifestants, parmi lesquels des dockers anversois, mais aussi des casseurs, s’en étaient violemment pris aux forces de l’ordre. Bilan : plusieurs dizaines de policiers blessés. Les syndicats de police avaient à l’époque vertement critiqué l'encadrement de cette manifestation.

Des réponses "complètement insatisfaisantes"

Alors la direction de la zone Bruxelles-Capitale-Ixelles, qui supervise l’ensemble du dispositif, a-t-elle tiré les leçons de cette expérience ? "Sincèrement, nous craignons que non, affirme Vincent Gilles, président du SLFP Police. Lorsque l’on pose des questions très précises par rapport à des éléments d’appui aux collègues en première ligne, les réponses que nous avons sont complètement insatisfaisantes."

La zone de police ne veut évidemment rien dévoiler de son dispositif, mais elle assure que tout a été mis en œuvre pour éviter de revivre un tel scénario. "On se prépare encore plus, indique Ilse Van de keere, porte-parole. Il y a eu davantage de réunions de coordination avec tous les acteurs concernés."

"Objectif pacifique"

À commencer par les représentants des organisations syndicales qui veulent à tout prix éviter que leur message ne soit une nouvelle fois brouillé par des violences. "Notre objectif est un objectif pacifique, explique Philippe Van Muylder, secrétaire général de la FGTB Bruxelles. Il s’agit de manifester notre opposition à des mesures injustes. Mais, pour donner de la force à cette expression, il faut évidemment que cela se fasse dans le respect des personnes qui viennent manifester."

"Il ne s’agit pas de mettre Bruxelles à sac. Ce serait extrêmement contre-productif. En cas de violence, il est facile pour ceux qui prennent les mesures injustes de dire : 'Vous voyez, ce sont des personnes qui troublent l’ordre public et qui n’ont pas d’argument politique, juste des motifs de violence et de destructions'."

Certains profitent de l'anonymat pour "foutre le bordel"

Pour tenter de prévenir d'éventuels débordements, en plus de la police, les organisations syndicales déploieront entre 250 et 300 stewards sur l'ensemble du parcours. Mais le risque zéro n’existe pas. "Il y a toujours un risque dans ce type de mobilisation de masse où on attend des dizaines de milliers de personnes", reconnaît Christine Bartholomi qui est en charge de l’organisation de cette manifestation pour le syndicat socialiste.

"On ne peut évidemment pas contrôler l’intégralité des personnes sur place. Il y a donc toujours une possibilité qu’il y ait quelques trouble-fête qui profitent de l’anonymat que procure ce genre de grande organisation pour foutre le bordel, il faut bien le dire, comme ça a été le cas l’année dernière. Bien que souvent, ce sont des gens qui n’ont rien à voir avec les organisations syndicales. Certes, dans les personnes arrêtées, il y avait quelques dockers anversois, mais il y avait aussi des casseurs qui trouvent que se confronter à la police est un sport".

Cela dit, les syndicats tiennent à rappeler que ce type d’incident est exceptionnel et que, ces dernières années, les mobilisations syndicales se sont à chaque fois déroulées dans le calme.

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