Bruxelles: des dizaines de milliers de manifestants, des incidents hors cortège

Des dizaines de milliers de manifestants ont défilé ce mercredi à Bruxelles. Alors que le cortège arrivait vers 13 heures à hauteur de la gare du Midi, où les dirigeants syndicaux devaient prendre la parole, la tension est devenue très vive dans certaines artères de ce quartier. Environ 200 individus, dont le visage était masqué par des cagoules, s'en sont pris au mobilier urbain et ont jeté des pavés. La police a répliqué en faisant usage de gaz lacrymogènes et d'autopompes.

Au bout de quelques minutes, deux cordons de policiers ont pu encadrer les fauteurs de troubles et les ont dispersés à hauteur de la Grande Roue. Ces incidents ont été provoqués par quelques dizaines de personnes, des jeunes pour la plupart. Selon nos journalistes sur place, la police était préparée et a repris le contrôle de la situation vers 14h30. Elle a procédé à 25 arrestations judiciaires pour vandalisme, coups et blessures envers des policiers et rébellion. Ces personnes ont été déférées au parquet pour audition.

Il semble qu'au moins un membre des forces de l'ordre ait été blessé à la tête.

La gare de Bruxelles-Midi n'a temporairement plus été desservie par la Stib. Des débordements similaires étaient survenus au même endroit lors de la précédente manifestation nationale, le 6 novembre 2014.

Vers 15h30, la grande majorité des manifestants a quitté les lieux.

Dans le cortège de la manifestation, il y avait une très grande majorité de militants syndicaux vêtus de vert, de rouge ou de bleu. Parmi les slogans affichés, on pouvait notamment lire "Non au tax shift, oui à l'emploi" ou encore "Je suis Tanguy", de la part de jeunes sans emploi contraints de vivre chez leurs parents.

Les syndicats estiment à 100 000 le nombre de manifestants présents, alors que la police parle de 80 000 participants.

Plus tôt dans la matinée, sur le boulevard du Jardin Botanique, entre 150 et 200 dockers des ports de Gand et d'Anvers ont tenté de rejoindre la rue royale, où ils ont été repoussés par les forces de l'ordre. Par ailleurs, nos journalistes sur place ont aperçu un groupe d'une dizaine de personnes qui étaient présents dans le cortège encagoulés et visages masqués. Des agriculteurs accompagnés de leurs tracteurs participaient au cortège.

En un an, il y a déjà eu 15 manifestations contre la politique du gouvernement Michel. Pourquoi continuer à se mobiliser? Ce que ressentent les militants est au-delà de l'inquiétude, expliquait un manifestant : "Nous sommes plus qu'inquiets parce que tout le monde est touché. Les jeunes, les moins jeunes, les vieux et ceux qui travaillent et qui ne savent pas de quoi demain sera fait. Les salaires et les index sont bloqués, et la vie coûte de plus en plus cher. Et on ne voit rien venir. On recule l'âge de la pension des futurs pensionnés, alors que les jeunes ne trouvent toujours pas de travail. Si on ne manifeste pas aujourd'hui, on va laisser de plus en plus un boulevard à ce gouvernement, et il ira encore de plus en plus loin".

"On ne peut pas faire comme des petits moutons : avancer, avancer jusqu'à arriver au bord du précipice. On va tous tomber dedans. A un moment donné, il faut avoir l'occasion de dire 'non'. Il ne faut pas se laisser faire", renchérissait une militante.

Certains manifestants ont maculé au passage la façade du siège du Parti socialiste.

Des vitres de l'hôtel Hilton Grand Place ont volé en éclats.

De nombreuses associations, des jeunes et des gens qui manifestaient pour la première fois étaient présents également. Notamment des membres de la Fédération des étudiants francophones (FEF).

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