Le rassemblement des taximen bruxellois s'est terminé par une note positive

Les taximen de la capitale ont une nouvelle fois manifesté leur mécontentement ce mardi matin. Entre 150 et 200 taxis (selon la dernière estimation de 10H30 de la police de Bruxelles-Capitale/Ixelles) et 250 à 300 véhicules (selon le front commun du secteur en fin d'action) se sont rassemblés de 07H00 à 11H50 mardi sur la place Rogier, pour demander des mesures contre les chauffeurs de la société Uber qui travaillent sous couvert d'un statut limousine.

Une fois de plus, le secteur des taxis bruxellois dénonce la concurrence déloyale que leur livrent les chauffeurs Uber. Ils reprochent notamment au ministre bruxellois de la Mobilité, Pascal Smet, une déclaration récente où il affirmait qu'Uber n'était pas vraiment illégal, mais utilisait une interprétation créative de la loi.

"La ministre n’a qu’une obsession : Uber, Uber, Uber… et son modèle, déclare Sam Bouchal, de la Fédération belge des taxis. On aurait pourtant pu croire et espérer que maintenant qu’Uber est passé du statut de héros du numérique à celui de plus gros plantage de l’Histoire, il ait revu sa copie… Mais non ! Malgré ce que les économistes eux-mêmes en disent aujourd’hui : au fond, Uber n’est ni un modèle social, ni un modèle économique puisqu’il ne marche pas… Pascal Smet n’a pas changé. Pire : il a même déclaré dans les médias qu’Uber contournait la loi de façon 'créative'. Nous, on trouve que lorsqu’on contourne la loi, ce n’est pas créatif ! On trouve même cela immoral. Et on est très surpris d’entendre le ministre tenir de tels propos."

Un rassemblement dans le calme

Le nombre de voitures a augmenté crescendo dans le courant de la matinée. Le rassemblement est resté statique et s'est déroulé dans le calme. Une grande banderole portant l'inscription "Interprétation créative de la loi" a notamment été déployée. Quelques autres plus petites appelaient au respect des règles.

De très nombreux chauffeurs Uber de Flandre et de Wallonie ont pris des licences limousine et viennent travailler à Bruxelles.

La délégation qui voulait remettre du pain sec au ministre bruxellois de la Mobilité Pascal Smet, pour symboliser le régime auquel les chauffeurs de taxi sont contraints, s'est finalement ravisée.

La réunion en matinée de la délégation avec le ministre-président du gouvernement bruxellois, Rudi Vervoort, a duré plus d'une heure. "Nous nous sommes sentis soutenus car il était très critique par rapport au modèle économique d'Uber et il a assuré qu'il ferait tout ce qui lui était possible pour faire respecter ce qui doit l'être dans les limites de l'étendue de son mandat", rapporte Philippe Lescot, représentant de la CSC-Transcom. "Il a appelé de tous ses vœux une négociation. De notre côté, on n'a jamais été fermés à cela".

Une seconde action statique devrait être planifiée en janvier, avant le 15 du mois. Le secteur ne souhaite pas qu'elle nuise à la population, mais d'autres mobilisations pourraient être plus fortes à l'avenir en l'absence d'avancée. Cela fait maintenant plus de 1.000 jours que le gouvernement bruxellois promet un Plan taxi.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK