Manifestation contre la justice de classe à Bruxelles : une plainte pénale collective déposée contre le comportement de la police

Plusieurs parents qui ont dénoncé des violences exercées par des policiers sur leurs enfants se sont rassemblés mardi matin devant le palais de justice de Bruxelles, avant leur convocation devant le juge d’instruction pour un dépôt de plainte collectif. Ils ont rappelé qu’ils estiment que la manière dont leurs enfants ont été traités par la police, le 24 janvier dernier, lors d’une manifestation contre la "justice de classe" à Bruxelles, n’est pas acceptable.

"Le but de notre plainte est de faire en sorte que la justice prenne ce dossier en charge et qu’on puisse identifier les policiers qui, le 24 janvier, ont frappé nos adolescents et ont fait preuve de violence à la fois par les coups et par les insultes mais aussi de racisme", a déclaré l’un des parents.

"Nous déposons une plainte au pénal, mais aussi au civil car on se rend compte que le problème est beaucoup plus large qu’uniquement les faits du 24 janvier. De notre point de vue, il y a un dysfonctionnement au sein de la police, du moins à Bruxelles. Nous voudrions que les responsabilités sur ce dysfonctionnement soient établies. Nous pensons qu’au niveau de la hiérarchie de la police et des autorités publiques il y a des manquements par rapport à la gestion de ce dysfonctionnement", a-t-il ajouté.

Le collectif de parents a recensé 86 jeunes qui ont été placés en cellule à la caserne d’Etterbeek, le 24 janvier après la manifestation. Environ une vingtaine dépose plainte, via leurs parents.

"Nous, on avait entendu qu’il y avait cette manifestation, du coup on est allé voir", a raconté l’un des jeunes, victimes des faits dénoncés. "Tout à coup, on s’est fait encercler par la police et arrêter. Puis on a été emmené à la caserne d’Etterbeek. Une fois là-bas, des policiers nous ont frappés, ils insultaient sans raison. Dans la caserne, ils voulaient vraiment montrer que c’était eux les plus forts. Il y avait vraiment un problème de soumission. C’est très grave ! De la part d’un policier, c’est intolérable. Je n’ai plus du tout confiance en eux. Il faut faire en sorte que cela n’arrive plus. Là, on est allé déposer plainte, on va voir à quoi cela va aboutir", a-t-il dit.

Manifestation contre une "justice de classe"

Le 24 janvier dernier, une manifestation contre une "justice de classe" a eu lieu au Mont des Arts à Bruxelles. Elle avait été lancée à l’initiative d’une vingtaine d’organisations, qui voulaient exprimer leur mécontentement face à toute une série d’incidents au cours desquels la police aurait abusé de son autorité et usé d’une violence disproportionnée. Les manifestants avaient notamment évoqué des exemples tels que la mort des jeunes bruxellois Adil et Mehdi, celle d’Ibrahima Barrie, celle de la petite Mawda et encore celle de Joseph Chovanec.

La manifestation n’avait pas été autorisée, mais la police a permis un court rassemblement avant d’inviter les personnes à s’en aller. Cependant, des incidents se sont produits et la police a arrêté un total de 245 personnes, dont un peu plus de 80 mineurs.

Les jours suivants, divers témoignages ont circulé sur les réseaux sociaux et dans les médias affirmant que la police a usé inutilement de violence, notamment à l’égard de personnes qui n’avaient pas participé à la manifestation.

Un groupe de parents de plusieurs mineurs arrêtés a déposé plainte auprès du Comité P et le parquet de Bruxelles a ouvert une enquête.

Par ailleurs, un syndicat de police a lui-même dénoncé les comportements violents de certains policiers lors de cette manifestation. La CGSP Police a dit constater que des procédures n’ont pas été respectées lors des arrestations administratives.

 

 

 

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