Manifestation contre la justice de classe à Bruxelles: le Comité P décompte 11 plaintes et la police de Bruxelles-Ixelles a ouvert une enquête

Le chef de zone de la police Bruxelles-Capitale/Ixelles a ordonné une enquête interne préalable en lien avec les violences policières dénoncées en marge de la manifestation de dimanche dernier contre la justice de classe, a indiqué vendredi le porte-parole de la police locale Olivier Slosse.

Il précise qu'aucune plainte en rapport n'a pour le moment été signalée comme déposée dans les commissariats du territoire. Le Comité P enregistre pour sa part 11 plaintes jusqu'à présent, communique la porte-parole du Comité permanent de contrôle des services de police Nancy Van Barel.

Après la manifestation, la police avait arrêté 245 personnes. Divers témoignages sont ensuite apparus sur les réseaux sociaux et dans divers médias, faisant état d'utilisation abusive de la force et d'arrestations injustifiées par les policiers.

Le rassemblement, organisé par une vingtaine d'associations, visait à dénoncer les violences policières et une certaine "justice de classe". Les manifestants ont rappelé différents incidents ayant eu lieu ces derniers mois, au cours desquels plusieurs personnes ont été blessées ou sont décédées lors d'interventions policières. Ils ont évoqué la mort de deux jeunes bruxellois, Adil et Mehdi, celle de la petite Mawda, celle d'Ibrahima Barrie et encore celle de Jozef Chovanec.

La manifestation n'avait pas reçu l'autorisation de la commune de Bruxelles mais, vers 14h00, une centaine de personnes se sont rassemblées au Mont des Arts. La police a accordé une heure de manifestation. Passé ce délai, certaines personnes ont refusé de quitter les lieux et des affrontements ont eu lieu entre certains d'entre elles et la police.

Les forces de l'ordre avaient motivé leur intervention à la fin du rassemblement par le fait que certains manifestants restés sur place menaçaient ouvertement de se rendre dans le centre-ville pour y occasionner des dommages.

La police de Bruxelles-Ixelles avait finalement arrêté administrativement 232 personnes, dont 86 mineurs, qui ont toutes été emmenées dans les cellules de la police fédérale à Etterbeek. La police de Bruxelles-Nord avait par ailleurs arrêté 13 personnes, dont 5 mineurs.

Des jeunes détenus aux casernes ont ensuite, avec leurs parents, dénoncé par voie de presse des traitements violents dans les cellules et ont affiché une volonté commune d'entamer des poursuites.

Pirly, un jeune de 16 ans, a par exemple déclaré avoir reçu deux claques par un policier, puis avoir été roué de coups de pieds au sol par cinq agents. Son ami qui a verbalement pris sa défense a été conduit à l'hôpital pour un pied gonflé, qui serait dû au fait d'avoir été "balayé" et frappé en cellule.

La porte-parole de la zone, Ilse Van de keere, a fait état mardi d'une intervention dans les casernes d'Etterbeek. Deux cellules ont été évacuées au motif que des jeunes avaient arraché des installations sanitaires et se les lançaient.

Du côté du Comité P, une première plainte avait été déposée mardi après-midi. Sa porte-parole Nancy Van Barel se refuse à spécifier si les plaintes concernent uniquement la détention dans les casernes d'Etterbeek et le nombre de mineurs qui sont ici visés.

Journal télévisé 26/01/2021

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