Magasins bio à Bruxelles : Y a-t-il de la place pour tout le monde?

Y-a-t 'il trop de magasins BIO à Bruxelles?
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Y-a-t 'il trop de magasins BIO à Bruxelles? - © Tous droits réservés

Y a-t-il trop de magasins bio à Bruxelles ? La question se pose après l'ouverture vendredi dernier du premier magasin Carrefour Bio à Bruxelles. L’enseigne Colruyt, elle, s'est déjà lancée sur ce marché il y a quelques années avec les magasins Bio Planet. 

La grande distribution, les petites chaînes bio, plus les petits indépendants, il commence à y avoir pas mal de monde sur le marché du Bio à Bruxelles. On compte actuellement une grosse septantaine d'enseignes.

Une rude concurrence

Sur la Place Jourdan à Etterbeek, Be Positive, un magasin indépendant qui emploie une dizaine de personnes, craint même de disparaître. Il faut dire que sur la place, les commerces bio poussent comme des champignons. En comptant, Färm qui arrivera bientôt et Séquoia, ils sont déjà trois à se partager le marché.

Pour Dominique Lemaire, gérante de Be Positive depuis plus de 8 ans, la concurrence est rude et elle est bien visible dans son chiffre d'affaires. Elle évalue ses pertes à 20%, soit 1000 euros par jour. Dans ces conditions, une nouvelle ouverture pourrait bien lui être fatale.

Une place pour tout le monde

Chez Färm, par contre, l’état d’esprit est bien différent. Ce dernier, on estime que le bio est en expansion, avec plus de 15 %, et qu'il y a de la place pour tout le monde. C’est en tous cas l’avis de Jean-David Couderc, directeur opérationnel :

"Même les magasins bio historiques annoncent une croissance", affirme le directeur, "je pense sincèrement qu’il y a effectivement de la place pour tout le monde ", ajoute-t-il, "à condition de se différencier". C’est pourquoi chez Färm on a décidé d’ouvrir place Jourdan un concept "marché" que l'on dit complémentaire à celui des deux commerces déjà présents. 

"Revoir des concepts un peu vieillissants" 

Un argument ne convainc pas la responsable de Be Positive, bien consciente de l’offre limitée de produits et des producteurs. Färm dit aussi rencontrer les indépendants à côté desquels la coopérative s'installe: "Si on peut faire quelque chose avec lui, on est ravi! L'idée, c'est bien d'emmener tout le monde et de se dire que c'est vrai qu'il y a des concepts un peu vieillissants, de petits magasins, et on est persuadé nous que pour répondre au marché actuellement on doit proposer un concept plus moderne. Si on peut le faire avec eux, on est ravi!".  

"Amibio", une association d'indépendants bio bruxellois 

En attendant, pour survivre, Dominique imagine des solutions: un bar à jus, développer son activité Horeca. Elle s'engage aussi auprès de la toute récente association Amibio qui rassemble une vingtaine de magasins indépendants bruxellois.

Du changement selon Dominique Lemaire, "puisque jusqu'ici, on se regardait un peu du coin de l’œil mais aujourd'hui on a affaire à une grosse agressivité qui met notre survie en péril, tout simplement. Donc, on va déjà se faire entendre, trouver d'autres partenaires, parce que c'est vrai que les tout gros, ils sont plus occupés à se regrouper entre eux, ils ne s'occupent pas trop des petits magasins. Et à long terme, le législateur doit se rendre compte que la libre installation, il y a un moment où ce n'est plus possible. Pourquoi autoriser ce genre de choses, sachant tous les dégâts que cela crée."

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