Logements sociaux : une BD pour dénoncer l'inaction politique

Couverture de la bande dessinée "Panique au Logement Social".
Couverture de la bande dessinée "Panique au Logement Social". - © RBDH

La production de logements sociaux en Région Bruxelloise est très largement insuffisante. Ce message, le Rassemblement bruxellois pour le doit à l'habitat le martèle depuis des années. Habitué des rapports et analyses peu audibles du grand public, le RBDH change de méthode en publiant "Panique au Logement Social", une bande dessinée satirico-comique.

"Notre but est de toucher le maximum de gens avec un ton rigolo et accessible, explique l’illustratrice Marie Coûteaux. On s’est rendu compte que cette cause - la construction de logements sociaux - n’est pas très populaire. Même dans les milieux académiques, de la société civile, ce n’est pas vraiment un sujet qu’on aborde. On a plutôt l’impression d’une absence de discours."

Les dessins humoristiques et le ton incisif de cette bd distribuée gratuitement dans les lieux publics et le milieu associatif n’empêchent pas le contenu d’être pédagogique. La cible des critiques ? La Région bruxelloise et ses gouvernements qui se succèdent sans infléchir une situation pour le moins délicate.

"L’excuse du terrain, on ne nous la fait plus."

En Région bruxelloise, près de 45 000 ménages sont sur liste d'attente. Et en moyenne, ils attendront dix ans pour obtenir un logement social. "45 000 ménages, c'est deux fois plus qu'il y a une dizaine d'années", se rappelle le RBDH. "On nous promet monts et merveilles depuis des années, mais la réalité est tout autre." regrette Carole Dumont, co-scénariste de la BD.

En 2005, le gouvernement promettait 3500 logements sociaux dans les cinq ans, mais jusqu'ici seul un tiers ont été construits. En 2013, nouvelle promesse : 3000 appartements supplémentaires. Mais à nouveau, seul 40% passeront des plans à la réalité.

L'obstacle principal, dit inlassablement le gouvernement régional, c'est le manque de terrains à bâtir disponibles dans la capitale. "Faux !" rétorque Carole Dumont. Tout au long de la bande dessinée, décomptes à l’appui, le RBDH s’efforce de démontrer le contraire. "Des terrains, il y en a encore vraiment beaucoup. Ce qu’il y a, c’est qu’on n'y construit pas du logement social." argumente la co-scénariste.

Selon ses calculs, 290 hectares sont disponibles, rien que pour ce qui concerne les grands terrains en friche. Cela représente tout de même plus de 400 terrains de foot. De quoi loger la moitié des ménages sur liste d'attente d'un logement social, estime le RBDH.

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