Logement : le quartier Anneessens se bat contre les loyers trop élevés

Logement : le quartier Anneessens se bat contre les loyers trop élevés
Logement : le quartier Anneessens se bat contre les loyers trop élevés - © RTBF

A Bruxelles, trop souvent, les logements sont chers et de mauvaise qualité. Le refrain est connu. Encore faut-il l’objectiver. C’est ce que s’efforcent de faire, à petite échelle, plusieurs associations du quartier Anneessens. Le comité "Change Anneessens" sonde en ce moment les habitants de ce quartier populaire du centre-ville sur leur loyer et la qualité de leur habitation.

Sur le marché de la place ce mardi, les passants sont attirés par une balance géante. A une extrémité, le prix ; à l’autre, la qualité. La balance a choisi son camp, elle penche dangereusement vers le coté "prix", comme un symbole du déséquilibre qualité/prix du logement bruxellois. Autour de la balance, les habitants défilent. "Les propriétaires ont bien trop de pouvoir" lance l’un d’eux. "Mais comment faire pour diminuer les prix ?" interroge un autre.

Concrètement, chacun est invité à remplir un formulaire pour vérifier s’il paye le juste prix. Surface, type de chauffage, isolation : tout est pris en compte pour l’établir. Sur la centaine de cas déjà collectés, les abus sont nombreux. Et un constat revient : ce sont les plus fragiles qui trinquent le plus. "Plus le logement manque de qualités et ne vaut pas le loyer demandé, plus l’écart entre ce qu’on devrait demander et ce qu’on demande réellement est grand, explique Erdem Resne, de l'asbl convivence. Les loyers abusifs, on les retrouve principalement pour des logements petits, en mauvais état, prévus pour des gens modestes."

Encadrer les loyers, organiser les recours

Ce collectif d’associations livrera les conclusions de son enquête aux élus du Parlement bruxellois lundi prochain, le 17 octobre. La date n’a pas été choisie par hasard : c’est la journée mondiale de lutte contre la pauvreté.

"Change Anneessens" formule déjà une revendication sur la table depuis des années sans pour autant aboutir. Dans le contexte actuel de négociation de la régionalisation du bail, ces associations veulent faire pression sur le politique pour introduire la notion d’encadrement des loyers.

"Aujourd’hui, il y une grille, la grille Picqué, qui est purement indicative. Il faudrait à terme la rendre contraignante pour les propriétaires. C’est difficile à mettre en œuvre toute de suite, concède Erdem Resne, mais il faut au moins mettre sur pied des instances d’arbitrage."

L’idée consiste donc à rendre possible la contestation du montant du loyer. "Il n’est pas normal que des locataires, qui ont beaucoup moins de pouvoir que les propriétaires dans la définition du loyer, n’aient pas d’instances officielles de recours qui puissent, à un moment donné, constater que les loyers sont trop élevés par rapport à la qualité du logement qu’ils habitent." conclut Erdem Resne.

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