Linkebeek: des élections sous basse tension

Les Linkebeekois doivent remplir 13 des 15 sièges de conseillers communaux
2 images
Les Linkebeekois doivent remplir 13 des 15 sièges de conseillers communaux - © Tous droits réservés

Le sapin de Noël trône sur la place communale, dans les commerces, le va et vient des clients rythme une matinée semblable à toute les autres. Pas de distribution de tracts, ni d’affiche dans les vitrines. Seule le grand panneau de campagne face à la maison communale rappelle que ce dimanche quelques 3.300 Linkebeekois sont appelés à voter.

Tous ont reçu leur convocation électorale, envoyée dans le respect des règles, en néerlandais mais aussi en français pour les citoyens qui en ont fait la demande avant. Le processus suit donc son cours, même si lorsque l’on discute avec les habitants de la commune, on le voit vite, pour beaucoup, le cœur n’y est pas. "C’est une perte d’énergie, estime une habitante, nous sommes à un moment où tout le monde devrait mettre de l’énergie pour améliorer la société et pas gaspiller de l’argent pour des égos personnels."

" Une élection pour rien! " L’affirmation revient souvent. Techniquement, les Linkebekkois doivent remplacer 13 des 15 conseillers communaux. Il s’agit des 13 conseillers qui ont démissionné en soutien à l’ex bourgmestre non nommé Damien Thiéry. Quasiment tous les démissionnaires se représentent à ses côtés, la majorité est donc assurée. Une liste de droite, à tendance dure, a tout de même créé la surprise en entrant dans la course au dernier moment. Cette liste, de 4 noms, pourrait prendre des voix, notamment celles des flamands qui ne doivent pas réélire leurs deux conseillers communaux toujours en places mais aussi celle des mécontents de la commune.

Mais pas de quoi enlever une majorité à la liste du bourgmestre, rebaptisée la Liste de Linkebeek. Du coup cette élection comporte-t-elle un véritable enjeu ? Pour Jean-Paul Nassaux, politologue spécialisé dans les matières bruxelloises, l’enjeu est peut-être plus "la réaffirmation d'un principe. Celui que c'est la population de la commune qui doit désigner son bourgmestre et non un ministre". 

La véritable inconnue, l’après élection

Défendre la démocratie et les francophones, ce sont les motivations de Camille et Willy. Linkebeekois depuis toujours, Willy aime raconter son expérience politique. En tant que sympathisant libéral, il porte un regard aiguisé sur la situation actuelle, un peu fataliste aussi, lorsqu’on lui demande si ces élections peuvent pacifier la vie communale : " Non, je ne crois pas. Ce que je crains c’est que cela ne lance un carrousel comme à Fourons. Et cela nous n’en avons pas besoin, car dans la commune, il n’y a pas de problèmes entre Flamands et Francophones, les gens s’entendent bien."

Un carrousel est-il possible ? Ce qui est sûr, c’est que même s’il propose à nouveau sa candidature comme bourgmestre, Damien Thiéry ne risque pas d’être nommé. Il existe depuis 2012 un décret flamand qui stipule qu’un candidat bourgmestre dont la candidature a déjà été rejetée, ne peut pas se représente en cours de législature. Lisbeth Homans (N-VA), la ministre de tutelle va donc s’appuyer sur ce texte pour ne pas nommer Damien Thiéry.

Une option serait alors de présenter un autre candidat bourgmestre, issu de la liste de la majorité. Mais jusqu'à présent, Damien Thiéry s’y est toujours opposé. En plus, cela pourrait alimenter les critiques qui pointent l’inutilité de ces élections. Quelle attitude adoptera l’ex bourgmestre non nomme ? C’est finalement la plus grande inconnue de ces élections.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK