Les responsables du Samusocial acceptent de s'expliquer. Sans convaincre...

Les responsables du Samusocial s'expliquent enfin
Les responsables du Samusocial s'expliquent enfin - © Rtbf

Pressés de questions par les médias, mis sous pression par le député Ecolo Alain Maron, pas vraiment soutenus par la Ministre de l'aide aux personnes (et principal bailleur de subventions) Céline Frémault, les deux principaux responsables du Samusocial ont fini par accepter de s'expliquer sur les jetons de présence octroyés aux membres du bureau et du conseil d'administration de cette asbl privée venant en aide aux personnes sans abri.

La Ministre Frémault "surprise"

En 2016, les comptes du Samusocial prévoient une somme de 59.920 euros pour rémunérer les administrateurs et les membres du bureau. A raison de 140 euros par jeton de présence, pour 6 (puis 5) administrateurs et quatre membres du bureau, le calcul n'est pas trop compliqué : il faut un nombre de réunions considérable pour vider l'enveloppe. Le président du Samusocial, le docteur Degueldre, avait accepté de nous rencontrer. Mais il s'était retranché derrière le statut d'asbl privée du Samusocial pour refuser de faire la clarté sur l'utilisation de ces près de 60.000 euros. Il avait adopté la même attitude face aux interrogations de nos confrères du Vif-l'Express. Avant de répondre, ce jeudi, aux questions du Soir, en compagnie de l'administratrice-déléguée Pascale Peraïta, par ailleurs présidente du Cpas de la Ville de Bruxelles. Pourquoi ce revirement d'attitude?

Sans doute à la suite de la réponse de la Ministre Céline Frémault, au parlement, en réponse à une interpellation d'Alain Maron. Invitée à fournir les renseignements que l'asbl refuse de rendre publics, Céline Frémault n'a pu que faire aveu d'impuissance en raison du statut du Samusocial, nonobstant les plus de 10 millions d'euros de subsides octroyés en 2016. Néanmoins, la Ministre de l'aide aux personnes au sein du collège de la commission communautaire commune (avec Pascal Smet) n'a pas manqué de marquer son étonnement : "j’ai été surprise comme vous par l’importance des montants. Il n’existe en effet aucun autre exemple d’organisation active dans le domaine de la grande précarité ou du social qui prévoit des rétributions aussi importantes pour ses administrateurs", a-t-elle répondu au député Maron.

10 réunions du bureau...par mois

Pour justifier l'octroi de 60.000 euros en jetons de présence en 2016, le tandem Paraïta-Degueldre invoque une charge de travail extrêmement lourde et la tenue de 10 bureaux par mois. A 140 euros par bureau, multipliés par 10 réunions fois quatre personnes, on arrive à 56.000 euros, auxquels s'ajoutent les jetons pour les trois CA de l'an dernier pour atteindre les 59.920 euros.

Si la réponse est aussi simple, pourquoi avoir attendu aussi longtemps pour la fournir? Est-il réellement possible de tenir 10 réunions par mois quand on occupe déjà par ailleurs la présidence du CPAS ou le mayorat de la Ville de Bruxelles, pour ce qui concerne Yvan Mayeur? Oui, affirme Pascale Peraïta, qui envisage son action sociale et politique dans sa globalité. Autre question en suspens : les explications enfin consenties reflètent-elles bien la réalité ou s'agit-il de calculs a posteriori pour justifier l'octroi et l'utilisation d'une somme importante, provenant, qui plus est, des donateurs?

Dans la réponse écrite aux questions que lui posait notre confrère du "Vif", Michel Degueldre se montrait nettement moins précis : "Les administrateurs et l’administratrice déléguée ne perçoivent aucun salaire ni aucun avantage mais reçoivent un jeton de présence de 140 euros brut pour toute démarche, réunion de bureau, conseil d’administration dans le cadre de l’exercice de leur mandat." Une "démarche" et une réunion d'un organe de gestion d'une asbl, ce n'est pourtant pas tout à fait la même chose.

Bref, les réponses tardivement fournies par les responsables du Samusocial ne dissipent pas le flou qui entoure cette institution, dont le travail auprès des plus précarisés est pourtant d'une importance fondamentale.

 

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