Les médias bruxellois flamands demandent de la transparence au gouvernement Vervoort

Le gouvernement de Rudi Vervoort manque de transparence
Le gouvernement de Rudi Vervoort manque de transparence - © Nicolas Maeterlinck - Belga

Battre le fer tant qu'il est chaud, c'est sans doute ce qu'ont dû penser nos confrères de Bruzz, le portail d'informations regroupant les principaux médias néerlandophones de Bruxelles. Alors que se pose la question de la transparence des mandats et des rémunérations des élus en Wallonie, Bruzz s'est demandé pourquoi le gouvernement bruxellois ne communiquait pas aux médias les ordres du jour et les décisions du conseil des ministres. A quatre reprises, Bruzz a posé la question au cabinet du ministre-président bruxellois, le PS Rudi Vervoort. Sans jamais recevoir de réponse claire. Lassée d'attendre, la rédaction a décidé de publier un article sur ce thème pour prendre l'opinion publique bruxelloise à témoin de ce manque de transparence.

Une spécificité bruxelloise

L'attitude du gouvernement bruxellois interpelle d'autant plus qu'il est le seul à agir de la sorte. Les autres exécutifs du pays transmettent aux médias les ordres du jour des conseils des ministres et communiquent au sujet des décisions prises. Pour le politologue (UCL) Régis Dandoy, l'attitude du gouvernement bruxellois est intenable, même s'il n'existe aucune obligation de communiquer. "Au niveau fédéral, par exemple, il y a beaucoup de communication, il y a beaucoup de transparence par rapport aux activités du conseil des ministres, à la fois au niveau de l'ordre du jour et au niveau des décisions. Peut-être qu'à Bruxelles la préparation des dossiers est différente qu'aux autres niveaux de pouvoir. Généralement quand un dossier arrive au niveau du conseil des ministres, il est déjà pré-ficelé, il a déjà été négocié entre les différents partenaires au niveau des cabinets ministériels. Il est possible qu'au niveau bruxellois il y ait plus de délibération entre les partenaires et que les dossiers ne soient pas toujours mûrs pour être communiqués à la presse. Mais il s'agit peut-être aussi d'une autre culture politique, moins portée sur la communication ou qui repose sur une communication basée davantage sur les arrêtés ministériels ou d'éventuels projets législatifs qui émaneraient du gouvernement. (...) On peut comprendre que cela pose problème mais nous sommes en 2017, à l'ère de la communication et c'est étonnant d'avoir un gouvernement qui ne communique pas sur ses actions, sur ses décisions et sur les sujets qu'il aborde actuellement. (...) Avoir un gouvernement qui communique peu ou pas du tout peut éveiller certains soupçons et laisser penser qu'il aurait peut-être quelque chose à cacher. Je pense que c'est tendre le bâton pour se faire battre".

Le cabinet Vervoort répond

Quand nous l'avons contacté, le cabinet Vervoort préparait une réponse pour Bruzz. Pour justifier la non transmission des ordres du jour, le porte-parole du ministre-président invoque de fréquents changements de dernière minute qui rendent la communication du document compliquée. Quant aux décisions du conseil des ministres, elles sont d'office notifiées au parlement. Fort bien, sauf que cela n'empêche nullement le gouvernement de présenter certaines de ses décisions aux médias avant de les communiquer au parlement quand il le juge profitable pour son image. L'explication relative aux ordres du jour nous laisse sceptique également. Pour avoir bénéficié de fuites régulières de l'ordre du jour sous de précédentes législatures, nous savons qu'il est tout à fait possible de le transmettre aux journalistes, ne fût-ce que le jour même du conseil des ministres. Encore faut-il le vouloir.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

Recevoir