Lieux de silence à Bruxelles (5/5): recueillement au Café le Silence

Les lieux de silence à Bruxelles (5/5) - le Café du Silence
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Les lieux de silence à Bruxelles (5/5) - le Café du Silence - © Anne Moulard (RTBF)

Il y a ces silences qu’on recherche, qu’on espère. Et, puis, il y a ceux qu’on redoute parce qu’ils résonnent de souvenirs et s’alourdissent de l’absence d’une personne dont on murmure le départ.

L’Avenue du Silence mène à ce lieu qu’on appelle le crématorium. Lorsqu’ils en ressortent après un ultime adieu, les proches et les familles se dirigent lentement vers le Café le Silence comme pour retarder le retour à la vie sans quelqu’un qu’on n’entendra plus.

Le café Le Silence

Dernier rempart entre les adieux et le retour à la vie normale, cet établissement est empreint d’une intensité toute particulière. Il ne s’agit pas d’un "café de quartier". "On travaille avec les retours de deuil, après les incinérations", précise, Marc Van herpe, le gérant: "L’endroit est très calme tant le quartier que l’établissement".

Les conversations se tiennent en chuchotant. Même les pas de la serveuse surpassent les faibles paroles. On y entend même les pages de magazine qu’un consommateur tourne discrètement. 

Une cliente conclut en disant que dans cet endroit, "on entend le silence".

Bière et Sabam en berne

Vous n’y entendrez ni la télé, ni la radio, ni la musique. C’est une volonté qu’un climat de recueillement incite. "Les premiers surpris sont les agents de la Sabam". Mais, un client ajoute que "ça fait du bien de trouver ce calme".

Même désespoir pour les distributeurs de bière qui souffrent de la concurrence du café, boisson privilégiée dans ce genre de circonstances.

Le sourire du silence

Le responsable du café affiche le sourire. Il est d’un tempérament joyeux mais il reconnaît que lorsque le deuil s’invite, "il faut rester sérieux et mettre un voile sur le visage".

Si ces silences font partie de nos vies, les rires les remplissent aussi. Ils sont plus sonores et redonnent de la couleur aux sons.

On quitte Le Silence. On descend l’avenue du Silence. Et, on reprend le cours normal du son : la chaussée d’Alsemberg et ses klaxons, le tram 52 et le crissement de ses rails, le tohu-bohu du quotidien …

L’agitation de la vie avec toutes les sensations qu’elles soient bruyantes ou silencieuses.

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