Les hôtels bruxellois veulent une réforme de la taxe de séjour, trop élevée

Le secteur hôtelier critique fortement cette taxe de séjour, trop chère et inégale.
Le secteur hôtelier critique fortement cette taxe de séjour, trop chère et inégale. - © Flickr

Ce sont les vacances de Toussaint. Certains profitent de cette période pour visiter Bruxelles. Sauf que les touristes, s'ils logent à l'hôtel, devront s'acquitter d'une taxe de séjour très critiquée par le secteur hôtelier lui-même.

Cette taxe imposée par les communes est souvent beaucoup plus chère que dans les autres grandes villes européennes. Une taxe, aussi, dont le montant varie fortement d'une commune à l'autre.

Prenez un établissement quatre étoiles de 200 chambres à Saint-Gilles. L'hôtelier devra s'acquitter chaque année d'une taxe de 350 000 euros. Prenez le même hôtel à Auderghem, le patron ne devra, là, débourser que 25 000 euros, soit presque 15 fois moins. Et le prix répercuté sur le client ne sera pas du tout le même dans ces deux hôtels.

Il s’agit là d’une disparité à revoir d'urgence, selon le secrétaire général de l'Association des hôtels bruxellois. Rodolphe Van Weyenbergh parle de concurrence fiscale entre les hôteliers. "Il y a 19 communes et 19 taxes d’hébergement différentes, avec des montants différents, des systèmes différents et, dans certaines communes, des taxes démesurées, disproportionnées par rapport à la capacité contributive des hôtels."

Et Rodolphe Van Weyenbergh de poursuivre : "Le touriste crée des emplois à Bruxelles. Il faut s’en rappeler. Des emplois dont la région bruxelloise a besoin. Nous souhaitons une taxe qui soit un véritable levier à la croissance, à la création d’emplois ; non un frein à la rentabilité, au développement du secteur."

Le secteur plaide donc pour une harmonisation de cette taxe à l'échelle de la région bruxelloise. Une harmonisation qui devrait être proportionnelle au taux d'occupation des hôtels, donc moins élevée en période creuse.

Une harmonisation, surtout, qui devrait se faire vers le bas. Vous allez comprendre cet argument à travers cette comparaison. A Paris, un client représente maximum 1,50 euro de taxe par nuitée. A Barcelone, 2,50 euros. A Rome, 3 euros. Mais à Bruxelles, le montant peut grimper jusqu'à 8,75 euros la nuit. Un vrai gouffre, selon Martin Duchateau qui gère un petit hôtel à Ixelles.

"On le sent directement sur la rentabilité de l’hôtel. On perd vraiment au niveau de la concurrence par rapport à d’autres villes, d’autres capitales européennes qui nous entourent. Soit il faut faire grimper les prix pour voir lesdites taxes qu’on doit payer, soit la faire payer au client directement. Dans tous les cas, le client va payer plus cher sa chambre."

Les hôteliers bruxellois revendiquent donc une réforme en profondeur de cette taxe de séjour. Une réflexion est en cours depuis plusieurs mois au sein du gouvernement régional.

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