Les chauffeurs Uber devant le cabinet Vervoort se mobilisent contre l'interdiction d'utiliser leur smartphone

Action des chauffeurs UBER
Action des chauffeurs UBER - © RTBF

Ce lundi matin à 9h, les chauffeurs LVC (location de voiture avec chauffeur) se sont rendus devant le cabinet de Rudi Vervoort, le ministre-président bruxellois. Des chauffeurs qui déplorent le manque de concertation avec les autorités suite à l’interdiction de l’utilisation de leur smartphone. A partir d’aujourd’hui, la région applique sa réglementation à la lettre. Elle interdit aux chauffeurs Uber d’utiliser leur smartphone pour accepter des courses. Une interdiction qui les empêchera d’effectuer la moindre course. Le service Uber fonctionne exclusivement via une application sur Smartphone.

En fait, la Région décide tout simplement d’appliquer à la lettre son ordonnance sur le secteur. Une ordonnance qui autorise les chauffeurs Uber à prendre des courses, mais uniquement en tant que voiture de location avec chauffeur. Un secteur différent de celui des taxis car il n’autorise pas à prendre des courses instantanément. Il faut théoriquement un contrat signé au préalable et la location du véhicule doit se faire pour une durée minimum de 3 heures. Ce qui évidemment ne se fait jamais avec une course Uber.

Sanctions

En janvier dernier, la cour d’appel de Bruxelles avait affirmé exactement la même chose dans une affaire qui oppose la fédération des taxis à Uber. Les autorités bruxelloises semblent donc aujourd’hui vouloir appliquer cette décision de justice. A partir de ce matin, les chauffeurs Uber qui utiliseront leur smartphone pour prendre des courses seront en infraction, ils pourraient se voir retirer leur licence et confisquer leur véhicule.

Pour le député cdH Christophe De Beukelaer, cette interdiction équivaut à "demander à un cuisinier de ne plus utiliser de casseroles", s’indigne-t-il. Son parti demandera au ministre-président de s’expliquer au parlement cette semaine. Le MR fera de même. "Sacrifier 2000 travailleurs en pleine crise économique, c’est scandaleux", a dénoncé le député David Weytsman, soulignant l’incapacité du gouvernement bruxellois à réformer le secteur.

Interrogé sur notre antenne, Rudi Vervoort a rappelé que le problème était l’usage du téléphone en course, prendre des courses au fur et à mesure. Uber s’est servi du système des limousines pour contourner certaines règles, il doit donc respecter ce système. Le chef du gouvernement bruxellois souligne aussi le fait qu’Uber ne recourt pas à des contrats d’emploi. "C’est le système lui-même qui est condamnable. La question, c’est de savoir quel avenir l’on veut donner au transport de personnes à Bruxelles. La concurrence mise en place par Uber n’est pas tenable sur le long terme", selon le dirigeant socialiste, qui appelle à envisager des alternatives.

"Nous concluons des contrats avec la firme Uber et non avec le client que l’on transporte" expliquait un chauffeur lors du rassemblement de ce matin. Les chauffeurs LVC souhaitent participer à l’élaboration du plan taxi, au même titre que les associations de chauffeurs de taxi.

La région bruxelloise compte environ 2000 chauffeurs limousine-Uber.

 

Sujet JT 01/03/2021

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