Les activités de loisir annulées ne seront peut-être pas remboursées

Nombreux clubs ou écoles de loisirs disent ne pas être en mesure de rembourser les cours non donnés
Nombreux clubs ou écoles de loisirs disent ne pas être en mesure de rembourser les cours non donnés - © VIVEK PRAKASH - AFP

Vous avez des enfants inscrits dans une école de musique ou dans un club sportif ? Vous avez payé pour cela des cotisations à l’année, qui s’élèvent parfois à plusieurs centaines d’euros ? Vous-même faites du yoga une fois par semaine ? Alors il faut s’attendre à ce que les cours annulés depuis la mi-mars ne vous soient peut-être pas remboursés. Les asbl qui les proposent (écoles de musique privées, clubs sportifs, compagnies de danse, ateliers artistiques…) préviennent qu’elles ne pourraient le surmonter.

Elles n’ont à ce jour reçu aucune consigne claire des autorités à cet égard, sans doute en partie parce qu’on ne sait toujours pas quand les loisirs pourront reprendre. Mais elles sont inquiètes : "On aimerait bien satisfaire tout le monde et rembourser tous les parents, explique Dimitri Francis, directeur de l’asbl Centre de formation Sportive qui organise pour 5000 élèves des cours à l’année à Bruxelles et en Brabant Wallon. Mais ce sera sans doute impossible. Sinon, ça risque d’être au détriment de l’asbl, tout simplement."

Les frais fixes subsistent

Parce qu’à côté des salaires gelés avec le chômage temporaire (la plupart du temps), restent d’inévitables frais fixes. "On a un bureau, un secrétariat, et des assurances à payer. Elles nous proposent généralement un report des factures mais pas une suspension. Donc oui, très clairement, c’est compliqué."

Même son de cloche du côté du Tap Show Compagny, une école de comédie musicale qui existe depuis 26 ans à Koekelberg : "Il y a le loyer du bâtiment, les frais d’assurance, la Sabam", précise la directrice Joëlle Ribant, elle-même au chômage technique. Depuis les attentats, nous avons une clause dans le règlement qui dit que nous ne remboursons plus en cas de force majeure. Mais comme nous ne voulons pas en rester là par correction vis à vis des élèves, tous les deux à trois jours, je mets des petites capsules vidéo dans un groupe Whatsapp, avec des exercices de claquettes […] Nous avons aussi prévu des cours de rattrapage et d’entretien. On espère que ça pourra se faire cet été."

Un cas n'est pas l'autre

Un cas n’est cependant pas l’autre, et certaines associations ont des frais fixes nettement moindres. Ainsi, le club de natation AquaTeam, actif à Ganshoren, explique : "Comme nous n’avons plus aucun frais, ,vu que nous travaillons avec des étudiants, bénévoles et travailleurs associatifs, nous avons anticipé le remboursement de ce qui reste financièrement pour cette saison non dépensé, divisé par le nombre de membres en ordre de cotisation. Pour ceux qui se réinscrivent, elle sert d’acompte pour la saison prochaine ; pour les autres, je les rembourserai à partir de juillet/août."

Des bons "à valoir"

L’acompte est effectivement la piste privilégiée, disent nos interlocuteurs. Une sorte de "bons à valoir" sur des cours ultérieurs. Mais même cette formule préoccupe Dimitri Francis : "Un bon à valoir sur 2, 3 ou 4 séances, d’accord. Mais des bons à valoir sur 3 mois de cotisation, c’est au final 3 mois pour l’année prochaine qui ne rentreraient pas. Donc, honnêtement, à ce stade, je ne sais même pas si c’est réalisable."

Si ces loisirs ne reprennent pas avant l’été, un tiers des activités de l’année seront passées à la trappe. Les organisateurs communaux ou d’autres organismes publics, et ceux soutenus par des fédérations, auront plus facilement la possibilité de dédommager les familles. Pour les petites associations privées, ce sera sans doute plus compliqué.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK