Le tout nouveau siège de Bruxelles-Environnement fuit de partout

Attention, chute de panneaux solaires au siège de Bruxelles-Environnement
Attention, chute de panneaux solaires au siège de Bruxelles-Environnement - © Rtbf

Baies vitrées remplacées à cause de fissures, ventilation déréglée, lézardes dans les sols et les plafonds, infiltrations d'eau à divers endroits, panneaux solaires qui se détachent, sans parler de plusieurs failles de sécurité : le nouveau bâtiment passif abritant depuis un peu moins de deux ans le nouveau siège de Bruxelles-Environnement (ex-IBGE), sur le site de Tour&Taxis, a l'air mal né. Une source proche de la direction minimise. Il ne s'agirait que de maladies de jeunesse d'une construction toute neuve.

Entrées condamnées

Sous couvert de l'anonymat, plusieurs témoins font entendre un tout autre son de cloche. Dès l'installation dans le nouveau bâtiment, les ennuis et les problèmes se sont succédés. Deux ans plus tard, on constate peu d'améliorations et l'usure prématurée du bâtiment saute aux yeux.

Dès l'abord, un premier souci apparaît. Des barrières Nadar empêchent les visiteurs et le personnel de s'approcher de la façade du côté de l'entrée principale. En levant la tête, on aperçoit un panneau solaire légèrement décollé. Certains panneaux se sont déjà décrochés, nous raconte un travailleur.

Plus grave, l'entrée du siège de Bruxelles-Environnement se limite à une porte tournante (un "tourniquet") à peine assez large pour deux personnes et sans doute trop exiguë pour permettre le passage d'une poussette pour enfants. Les autres portes ont été condamnées et bloquées par de grands panneaux en bois : elles avaient une fâcheuse tendance à s'ouvrir toutes seules sans qu'on le leur demande.

Il pleut, il pleut bergère

A l'un des étages, nous remarquons de grands torchons sur le sol aux côtés de seaux. C'est qu'en cas de pluie prolongée, l'eau ruisselle dans les bureaux. Des ordinateurs sont recouverts de housses en plastique ? La pluie, encore et toujours.

En sous-sol, le parking porte lui aussi les stigmates d'infiltrations régulières d'eau de pluie. S'il faut utiliser son badge d'identification pour utiliser imprimantes et photocopieuses (la confiance règne !), en revanche certaines portes donnant accès au bâtiment ou à la cage d'escalier s'ouvrent sans mesure de sécurité particulière.

Passif, vous avez dit passif ?

Présenté comme le plus grand immeuble de bureaux passif de Belgique, le siège de Bruxelles-Environnement n'aurait plus de passif que le nom. Le propre d'une telle construction consiste en effet à garantir une température constante en toute saison grâce à une excellente isolation et à un système de ventilation performant.

Pourtant, certains jours, le personnel suffoque presque tant la chaleur est accablante, alors que d'autres jours, il fait glacial. En outre, le système d'alarme des ascenseurs s'est révélé défectueux, nous dit-on. Il aura fallu attendre que le directeur-général en personne, Frédéric Fontaine (ancien chef de cabinet de la Ministre Ecolo de l'environnement Evelyne Huytebroeck), y reste lui-même coincé pour qu'on remédie au problème.

Ne parlez pas du loyer

Combien paye Bruxelles-Environnement pour ce bâtiment mal conçu ? Dans un document destiné au personnel chargé d'effectuer les visites guidées du site, il est écrit ceci : "Je propose que l'on ne donne pas spontanément le montant du loyer mais si des questions sont posées à ce sujet, vous pouvez répondre comme suit : 'Le loyer s'élève à 183 euros/mètre carré (...) Dans ce quartier, les loyers des bureaux varient généralement entre 180 et 195 euros/m2. Vu les qualités énergétiques et environnementales du bâtiment, et sa taille relativement petite, il s'agit là d'un loyer très intéressant'".

Mais trève de suspense : le loyer annuel pour ce bâtiment qui se fissure et se déglingue après seulement deux ans d'occupation s'élève à 3,6 millions. Un peu cher, peut-être.

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