Le temple bruxellois du street art, Strokar Inside, a fermé ses portes, les fresques seront effacées

Le Strokar Inside a fermé ses portes le 31 décembre
Le Strokar Inside a fermé ses portes le 31 décembre - © Rtbf

C'était dès le départ une aventure éphémère. Strokar Inside s'était installé chaussée de Waterloo, à Ixelles, dans un ancien magasin Delhaize voué à la démolition pour une durée limitée. 

150.000 visiteurs en 15 mois

Vitrine du street art à Bruxelles, le Strokar est rapidement devenu une attraction majeure, attirant ce qui se fait de mieux dans ce domaine artistique dont l'Anglais Banksy incarne l'incontournable figure de proue. Au point de drainer quelque 150.000 visiteurs en un peu plus d'un an d'existence. Au fil des mois, les murs, les sols et les plafonds de l'ancien magasin se sont parés de fresques et de dessins des plus grands artistes de street art. Tout cela est malheureusement voué à disparaître. Le bâtiment appartient en effet à Besix Red, la filiale immobilière du géant belge de la construction Besix. 

Des chefs-d'oeuvre engloutis

Le promoteur compte raser l'ancien Delhaize au profit d'un complexe immobilier dont les contours restent flous puisque les deux premières versions du projet ont été recalées par la commission de concertation. Avant de définitivement quitter les lieux, Strokar s'est engagé à effacer toute trace des dizaines de fresques et dessins. 

"Ca nous rend super tristes", explique Alexandra Lambert, l'une des chevilles ouvrières de Strokar. "Mais voila c'est comme ça. On nous dit souvent que l'art urbain, le street art c'est éphémère. Nous, ce n'est pas tout à fait notre vision. On pense qu'aujourd'hui l'art urbain, ça doit se conserver dans la ville et que c'est devenu un patrimoine. Mais ce n'est pas la vision de tout le monde."

Strokar à...Dakar

Si l'expérience s'achève à Bruxelles, Strokar espère développer des projets ailleurs. La ville de Dakar, capitale du Sénégal, l'y a attirée. "Le curateur de la Biennale des Arts de Dakar, qui aura lieu du 28 mai au 28 juin prochain nous a proposé à la fois une exposition Strokar et peut-être aussi la création d'un lieu là-bas qui s'appellera Strokar Dakar", conclut Alexandra Lambert. Une nouvelle illustration de l'adage "nul n'est prophète en son pays". Et sans doute un gâchis artistique dont on parlera encore dans 20 ou 30 ans, quand le street art sera devenu aussi incontournable que l'impressionnisme et les principaux courants de la peinture. 

Polémique à Dakar

En réalité, Strokar ne participera pas à la biennale mais plutôt au "off" de la biennale, ce qui est fort différent. Alexandra Lambert a rapidement tenu à nuancer ses propos concernant l'implication de son asbl dans cet événement artistique, compte tenu des réactions suscitées sur place par la publication de cet article. Le curateur de la Biennale des Arts de Dakar a en effet affirmé au quotidien "Le Soir" ne connaître ni Strokar ni Alexandra Lambert. En revanche, Strokar a bien soumis un projet de convention visant à la création d'un centre dédié au "Street Art" dans la capitale sénégalaise. Sans autre résultat concret jusqu'à présent. 

On en parlait dans "Entrer sans frapper" sur la Première le 21/09/2018

Extrait du JT du 08/10/18

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