Le succès des espaces publics numériques en Région bruxelloise

Le succès des espaces publics numériques en région bruxelloise
Le succès des espaces publics numériques en région bruxelloise - © RTBF

Les démarches administratives réalisables sur le web se multiplient de plus en plus, ce qui suscite la fermeture de certains guichets dans les administrations. Or, tout le monde n’a pas encore l’opportunité de pouvoir effectuer ses démarches en ligne. C'est ce qui explique le développement des espaces publics numériques.

Remplir sa déclaration fiscale sur Tax-On-Web, demander un document administratif sur le site de votre commune : autant de démarches administratives qui s’effectuent aujourd’hui "on-line". Les guichets se désengorgent et finissent par être fermés.

Pourtant, ces démarches peuvent encore présenter des difficultés pour les personnes qui ne possèdent pas encore d’ordinateur ou qui n’ont pas toujours la faculté de les utiliser. 11% des Bruxellois ne sont jamais allés sur internet, 15% n'ont aucune connexion à la maison.

Les espaces publics numériques (EPN)

En réponse à ces lacunes, les espaces publics numériques connaissent une véritable émergence. Ces lieux sont des salles où l’on dispose d’un ordinateur et où on bénéficie d’un coup de main. A Bruxelles, elles connaissent un véritable succès.

C’est aussi le cas pour les "Ateliers du Web" à Saint-Gilles. Les ordinateurs sont tous occupés. Pour trois euros par mois, les usagers utilisent le matériel et peuvent être aidés pour effectuer leurs payements en ligne, demander une bourse, remplir leur déclaration fiscale. Le personnel y fait aussi un peu office d'écrivain public numérique.

Véronique Guisen, la coordinatrice de ces ateliers, souligne que "si le traitement de texte peut paraître normal pour une série d’utilisateurs, (les ateliers) accueillent  par semaine une quarantaine de personnes qui a du mal à utiliser un clavier."

800 personnes par an y sont initiées à internet. Cela peut aller de la découverte de la souris à la prévention des abus sur le web. 

Les ateliers du web s’adressent également aux enfants, cette génération biberonnée aux écrans qui a finalement un usage monothématique d’internet : Facebook, jeux vidéos…

Les connectés mal outillés

Beaucoup d’utilisateurs sont néanmoins connectés, outillés mais mal informés quant à l’usage de leur matériel : "Plus les technologies avancent dans les foyers de force, plus nous accueillons des gens qui ont du mal à utiliser ces outils technologiques", souligne Véronique Guisen.

Même si les smartphones sont de plus en plus répandus aussi, il y a toujours une part de la population qui est larguée par le web.

Stefan Platteau est coordinateur d'un EPN, l'espace public numérique Fobagra, à Saint-Josse. Il constate que "les gens qui ne sont pas connectés ou ne savent pas utiliser internet se réduit. Mais cette réduction stagne. Il y a un pallier qu’on ne sait pas dépasser. Il y a des nouveaux usages qui émergent tout le temps et il y aura toujours des gens en difficulté pour s’approprier ces nouveaux usages. Finalement, on aura toujours besoin des EPN."

"Ce secteur doit vraiment être soutenu"

Avec d'autres coordinateurs d'espaces numériques, Stefan Platteau demande au gouvernement régional de développer le secteur avec des subsides stables.

Une requête que partage aussi Cathy Marcus, chargée de la simplification administrative à la Région. Elle encourage la pratique de l'administratif en ligne. Développer ces espaces devient donc une nécessité.

Elle attire l’attention sur le fait que bon nombre d’utilisateurs "sont nés à l’époque où le numérique était moins exigeant qu’aujourd’hui et donc, ils se sont construits au fil du temps. Ce secteur doit vraiment être soutenu. Il faut maintenant quelque chose de plus structurel."

Il existe une vingtaine de ces espaces publics numériques à Bruxelles. Ils commencent à se fédérer et demandent à la Région d'investir dans le secteur, au fur et à mesure que l'administration en ligne se développe.

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