Le Royal Crossing Club de Schaerbeek derrière Toma Nikiforov

Les larmes de Toma Nikiforov ont marqué l’élimination du judoka aux JO de Tokyo. Un échec difficile à accepter pour le dernier judoka belge au Japon. D’autant que le Bruxellois n’a pas réussi à prendre sa revanche sur les derniers Jeux, à Rio. Des huitièmes de finale auxquelles ses proches ont assisté derrière un écran de télévision, comme Alain De Greef, son parrain et premier entraîneur.

C’est à quelques heures du premier combat aux JO de Toma Nikiforov que nous rencontrons Alain De Greef au Royal Crossing Club de Schaerbeek, le Club de judo qui a vu grandir le judoka de 28 ans. À l’intérieur, dans la salle qui sert de cafétéria, les murs sont remplis de photos et d’articles de presse relatant les victoires des membres du Club. Toma apparaît sur une grande partie d’entre elles.

"Cette photo-là, c’est un de ses premiers résultats au niveau international. C’était aux Pays-Bas quand il était espoir. Il a gagné la Dutch Open, qui est une grosse compétition. Et là je crois que c’est le déclic, c’est à ce moment-là que s’est fait le déclic", raconte Alain.

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Le Palmarès de Nikiforov affiché au Royal Crossing Club de Schaerbeek. © RTBF

Une histoire de famille

L’histoire qui lie Alain à la famille Nikiforov est une histoire d’amitié, de judo et de famille. Les parents de Toma et de son frère Dilyan sont arrivés en Belgique dans les années 1990. À l’époque, ils vivaient au-dessus du Club de judo d’Alain.

"Le père était un compétiteur de très haut niveau, il était présumé participer aux Jeux Olympiques de l’époque. Finalement, ils sont restés en Belgique, il a choisi le Crossing comme terre d’accueil et nous l’avons accueilli, bien sûr", raconte Alain.

Depuis, le père de Toma Nikiforov entraîne les jeunes adultes au sein du Club. Une passion qu’il a aussi transmise à ses fils et qu’il partage avec Alain, devenu son ami. "Quand ils ont eu leur premier enfant, donc Toma, ils m’ont demandé si je voulais bien être le parrain. Et donc, évidemment j’ai dit oui. Ils ont eu Dilyan par après, et je suis également son parrain", raconte fièrement Alain.

Une amitié autour du judo qui s’est aussi mêlée à la famille. Pour Alain, tout cela s’explique par les valeurs de ce sport, "la modestie, le courage, la politesse, le contrôle de soi, surtout le respect… Cela fait partie de notre sport, et il faut maintenir ce respect-là, qui est hyper important".

Au Club schaerbeekois, ces valeurs sont inculquées dès le plus jeune âge, à travers différents programmes, adaptés aux plus petits, comme aux plus grands.

Un moteur pour le Club

Au fil du temps, Toma Nikiforov a évolué dans son sport et dans les compétitions internationales. Cette année, il participait à ses deuxièmes Jeux Olympiques, après avoir été médaillé d’argent puis d’or aux deux derniers Championnats d’Europe. Malheureusement, il s’est arrêté aux huitièmes de finale, en s’inclinant face à l’actuel champion du monde, le Portugais Jorge Fonseca.

Malgré cette défaite, Toma inspire les membres du Club schaerbeekois. Un Club dans lequel il s’implique en partageant ses expériences avec ses coéquipiers de l’équipe Première, l’équipe qui participe au Championnat national.

"C’est un exemple pour moi depuis que j’ai commencé le judo. Il est un peu plus vieux que moi donc il a toujours été au-dessus de moi. Le judoka c’est en grande partie grâce à lui", explique Nicolas Demuylder (Champion de Belgique en 2017).

À ses côtés, Noah Kempen (deuxième au Championnat de Belgique de 2020) ajoute : "Quand il est sur le tapis, on sent qu’il veut aider tout le monde, qu’il veut pousser tout le monde à aller plus loin".

Toma Nikiforov suscite également des vocations. C’est en partie grâce à lui que Noah Kempen a décidé de se lancer dans la compétition, "pour toujours aller plus loin, toujours essayer de gagner et de donner le meilleur de moi-même".

Pour Alain De Greef, la présence de Toma au sein du Club est un réel moteur pour le Club. " Ici au Club, quand il vient donner les entraînements aux jeunes, on voit très bien que ça pétille ", explique-t-il.

En plus de ses entraînements à l’extérieur, parfois même à l’étranger, Toma s’entraîne au Club au moins une fois par semaine. Des visites qu’il essaie de garder secrètes pour surprendre les autres membres. Dès qu’il en a l’occasion, il entraîne les plus jeunes. "On ne prévient jamais les parents, ni les enfants, il vient comme ça à l’improviste. Il signe les dossards, les kimonos et les ceintures, ils font des selfies avec lui. Et pour un Club c’est bien d’avoir cette dynamique d’un sportif de très haut niveau".

Le bureau des souvenirs

Le premier entraîneur et parrain de Toma Nikiforov ne cache pas sa fierté quand il parle de son filleul. Notamment quand il s’agit de ses nombreuses médailles, qu’il garde dans son bureau des souvenirs où se trouvent également les photos des grands événements et les coupes gagnées par le Club.

"Dans la vitrine ici vous avez toutes les médailles de Toma. Il me les donne et je les transmets au Club. Il y a quand même plusieurs médailles de haut niveau, avec sa fameuse médaille des Championnats du monde toute catégorie où il a fait deuxième derrière Teddy Riner (détenteur d’un record de dix titres de champion du monde)."

Aucune nouvelle médaille ne sera posée près de toutes les autres après ces Jeux Olympiques. Mais pour Alain De Greef, le tempérament combatif de Toma continuera de l’amener loin.


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