Le PS bruxellois se choisit un nouveau président : "des étincelles, mais pas de flammes"

Rachid Madrane (à gauche) et Ahmed Laaouej (à droite)
Rachid Madrane (à gauche) et Ahmed Laaouej (à droite) - © Belga

Laurette Onkelinx s’apprête à céder sa place à la tête de la Fédération bruxelloise du PS. Pour lui succéder, une élection interne a lieu ce vendredi et ce samedi. Pour la première fois, c’est le vote des 2600 militants bruxellois qui départagera deux candidats. D’un côté, Ahmed Laaouej, député fédéral et nouveau bourgmestre de Koekelberg ; de l’autre, Rachid Madrane, président du Parlement bruxellois.

On est d'abord des camarades

Depuis l’officialisation de leur candidature le mois dernier, les candidats vont de débat en débat dans les sections locales appelées à désigner le vainqueur. "Cela se fait globalement dans un climat serein, même si ça frotte un peu. Il y a des étincelles, mais il n’y a pas de flammes", assure Ahmed Laaouej. Pas de guerre des clans, alors ? "Absolument pas, renchérit Rachid Madrane. On est d’abord des camarades."

Des camarades, certes, mais qui, à l’aube de ce moment de démocratie interne, se regroupent en deux blocs. Rachid Madrane a frappé fort au moment de choisir ses vice-présidentes : Karine Lalieux et Catherine Moureaux, deux exemples de réussite politique au féminin.

Ahmed Laaouej (Koekelberg) veut représenter toute la diversité géographique et générationnelle du PS bruxellois en se présentant en ticket avec Martin Casier (Watermael-Boitsfort) et Isabelle Emmery (Anderlecht). Mais Ahmed Laaouej a surtout pour lui le soutien public de plusieurs ténors bruxellois. Entre autres, Rudi Vervoort, Philippe Close et Caroline Désir. Le ministre Ministre-président, le bourgmestre de la première commune bruxelloise et la ministre de l’enseignement : en termes de symbole, difficile de faire mieux.

Ma candidature est celle des militants, pas celle des barons

A lire les programmes des deux équipes, les différences sont ténues. Pour l’avenir de la fédération, les deux candidats partagent plusieurs priorités : plus de dialogue avec les militants, plus de place pour les femmes et un plus grand partage du pouvoir dans cette fédération à la hiérarchie très verticale, comme l’ont encore prouvé les crispations nées de la désignation surprise de Nawal Ben Hamou au gouvernement bruxellois sur choix de la seule Laurette Onkelinx.

En réalité, c’est plus sur leur profil que les deux candidats se distinguent. Rachid Madrane a beau avoir été échevin et ministre, être encore à la tête du Parlement bruxellois et assumer un certain héritage de Laurette Onkelinx, il veut se profiler comme le candidat de la base.

"C’est ma vie, le PS. C’est ma vie, cette fédération. Je présente une candidature avec beaucoup d’humilité. Je veux simplement être adoubé par les militants, glisse celui qui est né dans les Marolles et a sa carte du PS depuis 1985. Ma candidature est la candidature des militants, ce n’est pas la candidature des barons."

L’allusion à son concurrent est grosse comme une maison. Rachid Madrane reproche notamment à Ahmed Laaouej de n’avoir pas choisi le décumul que lui-même s’est imposé.

Comme tout militant, je respecterai les statuts et les lois

"Je suis un militant parmi les autres, rétorque le député-bourgmestre de Koekelberg. Les statuts du parti prévoient le décumul financier pour les communes de moins de 50.000 habitants. Or, Koekelberg est une commune de 21.000 habitants. Je reverse donc la totalité de mon traitement de bourgmestre, ce qui permet aussi, et c’est très bien ainsi, de refinancer les sections locales. Pour le reste, une ordonnance est en préparation qui prévoit le décumul à partir de 2024. Et comme tout militant, je respecterai les statuts et les lois."

Place aux votes des militants du PS. L’élection débute ce vendredi en fin de journée. Les résultats sont attendus samedi en fin d’après-midi.

Qui émergera ? Ahmed Laaouej qui bénéficie du soutien de ténors bruxellois ? Ou Rachid Madrane, homme populaire qui a réalisé le deuxième score socialiste aux dernières élections régionales ? Les deux candidats rejettent l’étiquette de favori et prédisent un combat serré.
 

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