Le procès d'une filière nigériane de prostitution s'ouvrira le 27 mars à Bruxelles

Les prévenus seront jugés devant la 60e chambre correctionnelle du tribunal
Les prévenus seront jugés devant la 60e chambre correctionnelle du tribunal - © Rtbf

Ils devraient être 11 sur le banc des prévenus lorsque s'ouvrira, le 27 mars prochain, le procès d'une filière de prostitution dans le quartier nord, essentiellement sur le territoire de Saint-Josse. Les principaux responsables présumés de ce réseau de traite des être humains sont au nombre de cinq, tous détenus depuis le 12 mai 2017. A la tête de l'organisation criminelle, telle que le parquet la qualifie, une proxénète nigériane surnommée "Mama Leather", 49 ans, officiellement domiciliée à Malines. Parmi les prévenus se trouvent aussi quatre propriétaires de "carrées", ces chambres situées au rez-de-chaussée d'un immeuble où les prostituées reçoivent le client. Ces propriétaires sont poursuivis pour avoir loué leur bien au réseau de prostitution en toute connaissance de cause.

Un drame de la migration

Toutes les victimes du réseau proviennent du Nigéria. Certaines étaient encore mineures au moment où la filière a été démantelée, ce qui constitue bien sûr une circonstance aggravante. "Les victimes étaient tenues et exploitées notamment par des pressions, des menaces mais aussi des pratiques vaudoues pour docilement les faire travailler dans le quartier de la prostitution autour de la Gare du Nord et à Saint-Josse," explique Maître Alexis Deswaef, partie civile pour Myria, l'organisme interfédéral chargé de lutter contre la traite des êtres humains. "Pour racheter leur liberté, elles devaient payer 45.000 euros à l'organisation criminelle qui les exploitait."

Maître Wouter Smet représente la principale prévenue, une ancienne prostituée devenue au fil des années la "mère maquerelle" présumée du quartier. Ce qu'elle conteste. "Ma cliente est très connue dans le quartier et quand des propriétaires cherchaient des filles auxquelles louer leurs carrées, elle pouvait leur renseigner des filles qui voulaient se prostituer. Mais jamais ma cliente n'a contraint qui que ce soit à se prostituer."

Un simple rôle d'intermédiaire? Il faudra dans ce cas expliquer comment la principale prévenue s'est retrouvée à la tête d'un patrimoine de quelque 3 millions d'euros, d'un appartement et d'un véhicule dont le parquet demandera la confiscation en cas de condamnation.

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