Le prédicateur musulman Jean-Louis Denis conteste tout lien avec Sharia4Belgium

Jean-Louis Denis a contesté, lundi après-midi devant le tribunal correctionnel de Bruxelles, avoir eu des liens avec le groupe terroriste Sharia4Belgium. Ce prédicateur musulman d'une quarantaine d'années est poursuivi, comme treize autres personnes, pour avoir incité de jeunes gens à partir faire le djihad armé en Syrie en 2013.

Le juge a questionné Jean-Louis Denis à propos d'éventuels contacts qu'il aurait eus avec des membres de Sharia4Belgium, un groupement qualifié terroriste qui a fait l'objet de poursuites judiciaires à Anvers.Le juge a notamment rappelé au prévenu qu'il avait déclaré, dans une conversation téléphonique: "Je me concentre sur Sharia4Belgium". Jean-Louis Denis a affirmé que dire, sur base de cela, qu'il avait eu des liens avec Sharia4Belgium était une mauvaise interprétation.

Le président du tribunal, Pierre Hendrickx, poursuivra l'interrogatoire de Jean-Louis Denis mardi, notamment en l'interrogeant sur les contacts qu'il avait avec onze personnes qui étaient parties faire le djihad armé en Syrie en 2013, dont deux adolescents de l'Athenée Fernand Blum de Schaerbeek.

Jean-Louis Denis sera amené à dire s'il a pesé, oui ou non, sur la décision de ces personnes de partir en Syrie.

Des conversations téléphoniques le mettent en cause
Le juge Pierre Hendrickx a commencé, lundi matin, devant le tribunal correctionnel de Bruxelles, à interroger le principal prévenu d'un dossier lié au terrorisme, Jean-Louis Denis. Ce prédicateur musulman d'une quarantaine d'années est prévenu pour avoir incité de jeunes gens à partir faire le djihad armé en Syrie. Quatorze personnes sont prévenues dans ce dossier qui concerne l'envoi de jeunes bruxellois musulmans en Syrie, comme combattants djihadistes.

Le président de la 70ème chambre du tribunal correctionnel de Bruxelles a rappelé, lundi matin, que Jean-Louis Denis était surveillé par la police depuis 2009. Il a précisé que celui-ci avait ensuite fait l'objet d'une surveillance plus importante dès avril 2013, après que deux élèves de l'Athénée Fernand Blum à Schaerbeek étaient partis en Syrie.

"Les parents de ces deux adolescents avaient été placés sous écoute et dans leurs conversations ils vous mettent clairement en cause monsieur Denis", s'est exprimé le président. Le prévenu, lui, n'a souhaité ni répondre ni commenter. Il a indiqué qu'il laissait le soin à ses avocats d'exposer sa version en plaidoiries et qu'il s'exprimerait éventuellement à la fin des débats.

Dans ce dossier figurent également parmi les 14 prévenus Mohamed Khemir et Michaël Devred, ainsi que la femme de Jean-Louis Denis.

Le 9 décembre 2013, la police judiciaire fédérale était intervenue à six adresses bruxelloises et avait saisi des documents et du matériel. Jean-Louis Denis, Mohamed Khemir et trois autres personnes avaient été arrêtées à la suite de ces perquisitions.

L'arrestation de Michaël Devred avait suivi en février 2014.

Smaïl et Bilal avaient 16 ans quand ils ont quitté leur école et leur famille en direction de la Syrie. Leur disparition en août 2013 a déclenché une enquête qui mène la police vers une asbl de Bruxelles : le resto du Tawhid. Cette association est celle de Jean-Louis Denis un Belge converti à l'islam, connus pour ses prêches et ses discours radicaux. Les deux jeunes participaient aux distributions de nourriture organisées par cette asbl. Un autre adolescent, Sabri, était aussi un fidèle de Jean-Louis Denis. Lui aussi partira en Syrie. Sa mère Saliha Ben Ali se porte partie civile. "Quand j’entendais parler Jean-Louis Denis, j’avais l’impression que c’était mon fils qui parlait. J’ai eu comme une douche froide. Je me suis dit que Jean-Louis avait joué un rôle décisif dans le départ de mon fils et d’autres jeunes."

"C’est Allah qui les a choisis"

Jean-Louis Denis déclarait pourtant ceci en 2013. "C’est ce dont on m’accuse, mais je n’ai pas à motiver. C’est Allah qui les a choisis, ce n’est pas moi."

Bilal est rentré en Belgique. Ismaïl, lui, est toujours en Syrie et cité au procès. Sabri est, lui, présumé mort. De ce procès, Saliha Ben Ali attend des éclaircissements. "Le fait d’avoir un procès est le début de certaines réponses. On va confronter Jean-Louis à tout ce qu’il a fait."

Le procès se tiendra pendant trois semaines. Jean-Louis Denis conteste toutes les charges qui lui sont reprochées.

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