Le photovoltaïque toujours rentable à Bruxelles ? Même pour zéro euro ?

Une grande partie des nouveaux panneaux à Tour et Taxis ont été installés sur le toit de la "gare maritime", ce très joli ancien centre de tri de marchandises ferroviaires qui est en cours de rénovation pour accueillir à l'avenir des entreprises et des commerces
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Une grande partie des nouveaux panneaux à Tour et Taxis ont été installés sur le toit de la "gare maritime", ce très joli ancien centre de tri de marchandises ferroviaires qui est en cours de rénovation pour accueillir à l'avenir des entreprises et des commerces - © B. Schmitz - RTBF

C'est la plus grande installation de panneaux photovoltaïques à Bruxelles. 17.000 m2 de panneaux viennent d'être installés et inaugurés sur les toits du complexe Tour et Taxis, le long du canal. De quoi permettre à terme de fournir les trois-quarts de l'électricité totale pour les nombreux bâtiments du site.

Et pour tout cela, Peter de Durpel, le patron de la société Extensa qui gère Tour et Taxis, a déboursé... zéro euro ! Il est en fait passé par ce qu'on appelle le mécanisme du "tiers investisseur". "C'est une société extérieure qui a payé les trois millions d'euros nécessaires et qui a installé les panneaux sur les toits. Elle assure aussi l'entretien et la garantie de l'installation pendant dix ans. Nous, nous pouvons bénéficier de l'électricité gratuite", explique le patron.    

Comment se rembourse la société qui investit ?

La société qui investit, elle, profite de ce qu'on appelle les certificats verts. Ce sont des sortes de primes octroyées aux propriétaires de panneaux parce qu'ils produisent de l'électricité verte.
La Région Bruxelloise voulait diminuer leur nombre pour les nouvelles installations à partir de début avril de cette année. Mais avec la crise du coronavirus, elle a reporté sa réforme au premier janvier 2021.   
Du coup, pour les sociétés en tiers investisseur, le système reste bien rentable à l'heure actuelle. On estime qu'aujourd'hui, une installation est remboursée en cinq ans. Après la réforme, ce sera en sept ans. Or, les certificats verts, on les touche pendant dix ans. Il y a donc des bénéfices à la clé, même après le 1er janvier 2021.

La Wallonie et la Flandre, elles, ont abandonné ce système de certificats verts il y a plusieurs années parce que cela leur coûtait trop cher. Mais à Bruxelles, la situation est différente puisque beaucoup moins d'habitants ont accès à un toit qu'ils possèdent. Sans oublier que cela permet à la Région bruxelloise de se rapprocher de ses objectifs de produire plus d'énergie verte dans les années qui viennent, comme l'exige l'Europe. 

Et tous les Bruxellois peuvent faire appel à ces tiers investisseurs qui paient tout ?

Non, bien sûr. Il faut d'abord avoir soi-même un appartement ou une maison qui dispose d'un toit bien orienté et suffisamment grand. Parce que, sinon, une société de tiers investisseur estime qu'elle n'aura pas assez de certificats verts pour que ce soit rentable pour elle. "Cette année, on peut encore aller jusqu'à un minimum de huit panneaux", explique Meghan Richil, de la société Energy Vision. "Huit panneaux si le toit est orienté plein sud, dix panneaux s'il est orienté ouest ou est. C'est le minimum. Mais on ne pourra se le permettre encore que cette année, puisque l'année prochaine avec la réduction du nombre de certificats verts, nous ne pourrons plus descendre à de si petites surfaces. Donc, c'est le moment ou jamais pour ceux qui souhaitent se lancer avec nous"
Et dix panneaux photovoltaïques, cela représente environ 16 m². A noter qu'au bout de dix ans, le particulier ou l'entreprise qui possède le toit sur lequel l'installation a été faite , devient propriétaire des panneaux. Des panneaux qui, en théorie, peuvent produire de l'électricité pendant vingt à vingt-cinq ans. 

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