Le personnel de Brussels Airlines inquiet sur la stratégie de l'entreprise

Lufthansa a créé une nouvelle compagnie à bas coûts, Eurowings, et évalue si Brussels Airlines peut y être intégrée.
Lufthansa a créé une nouvelle compagnie à bas coûts, Eurowings, et évalue si Brussels Airlines peut y être intégrée. - © Belga - Filip De Smet

Brussels Airlines et sa société mère Lufthansa discutent de la future stratégie des deux entreprises, occasionnant l'inquiétude du personnel.

En juin dernier déjà, Lufthansa faisait savoir qu'elle évaluait la possibilité d'intégrer Brussels Airlines dans Eurowings, sa filiale à bas coût, pour en  faire une société "hybride" combinant petits prix et service. L'agence de presse allemande DPA évoquait alors un nouveau nom, "Brusselwings", ce que le porte-parole de Lufthansa a démenti, précisant que le nom Brussels Airlines ne disparaîtrait pas.

Le porte-parole de Brussels Airlines, Geert Sciot, confirme désormais que des discussions sont en cours sur la stratégie future de Brussels Airlines, qui a renoué avec la rentabilité en 2015 après plusieurs années de perte. "Ces discussions ont lieu dans un contexte de bonnes relations. Lufthansa se penche sur deux pistes: celle d'un 'méga hub' et celle d'Eurowings. Nous regardons ce que Brussels Airlines peut faire dans ce contexte."

SN Brussels vers un modèle low cost ?

Mais Brussels Airlines, détenue à 45% par les Allemands, veut garder son identité. "Nous l'avons toujours dit", commente encore M. Sciot. "Nous souhaitons garder notre identité, ainsi que les acquis sociaux et notre réseau." Il faudrait donc selon lui des "arguments solides" pour toucher au nom. "C'est une marque forte, surtout en Belgique et en Afrique." Il n'y a pas de date butoir aux pourparlers en cours. On n'est pas dans un  scénario de crise, plutôt dans un scénario de développement , a-t-il encore précisé. Plusieurs scénarios d 'intégration plus ou moins poussées sont testées.

Lufthansa détient 45% des actions de SN Air Holding, la maison mère de Brussels Airlines. Elle détient une option sur les 55% restant. Mais les Allemands n'ont encore pris aucune décision quant à une intégration complète de Brussels Airlines.

Du côté des syndicats, le spectre du low cost inquiète, comme l'a confié ce matin Luc Martin, délégué CNE: "On craint de passer vers un modèle low cost. On devrait encore augmenter notre productivité et on pourrait perdre des primes de vol. Je pense que notre emploi n’est pas en danger car les gens n’ont jamais autant pris l’avion. C’est difficile de savoir ce que Lufthansa veut faire avec nous. Mais je suis persuadé que Lufthansa veut prendre le contrôle de Brussels Airlines, ne fut-ce que pour des raisons défensives, pour avoir la main sur Bruxelles. Lufthansa a toujours dit qu’elle voyait en Bruxelles un pôle de développement gigantesque. Ils ont toujours dit que nous avions le plus grand potentiel à côté de Francfort. C’est plutôt positif ".

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