Le métro bruxellois, inauguré il y a 40 ans dans la foule, l'enthousiasme et quelques illusions

C'était la grande foule dans les premières rames, le 20 septembre 1976.
C'était la grande foule dans les premières rames, le 20 septembre 1976. - © Photo STIB

Le 20 septembre 1976, il y a 40 ans jour pour jour, la première rame de métro entrait en station à Bruxelles. Une première ligne était ouverte, la ligne 1A, avec ses 16 stations inaugurées toutes le même jour. Un événement mémorable pour ceux qui y ont participé.

Cette inauguration suit des années de critiques. Bruxelles, en retard sur les autres grandes villes modernes.... Bruxelles dont les chantiers ne cessent jamais, ceux du métro en particulier. Cette fois les voix se taisent, pour un jour en tout cas.

"C'était un événement qui touchait toutes les familles de Bruxelles et aussi beaucoup de gens qui venaient y travailler... On avait vraiment l'impression ce jour-là qu'une autre ère allait commencer" se souvient Jean-Pierre Alvin, qui entamait alors une carrière de 35 ans à la STIB.

"On sentait que Bruxelles entrait enfin, de plain-pied, dans le monde des grandes capitales. il y avait comme un élan, une fierté des gens. L'Union européenne était venue s'installer, mais là c'était une nouveauté qui donnait une autre dimension encore à Bruxelles. Et puis le métro était beau..."

L'ancien communicateur de la STIB se souvient de l'impression faite par ces rames neuves, les marbres des stations, la découverte des œuvres d'art.

D'abord le Roi...

Le Roi Baudouin vient couper le ruban, après un premier trajet, escorté par une brochette de politiques et journalistes.

Dans chacune des sept communes traversées par cette première ligne, il fait escale sur le quai pour saluer les élus communaux.

...puis la foule

Puis c'est au tour du grand public. Les premiers passagers s'enthousiasment pour ces rames à la technologie nouvelle, aux matériaux novateurs, aux couleurs vives, pour ce réseau qui s'annonce aussi prometteur que ceux de New York ou Paris. Lors de l'inauguration, 11 lignes sont prévues...

Les gens se massent aux entrées des stations, bondées. Beaucoup veulent embarquer pour la première fois et parcourir un maximum de stations, y voir les œuvres d'art de Folon ou Somville et peut-être croiser leurs auteurs. Dans les stations et en rue, la STIB a vu grand: 150 animations toute la journée et jusqu'à minuit, des vedettes, de la danse, de la musique dont un concert de Toots Thielemans qui compose un morceau pour l'occasion.

Selon les estimations avancées au lendemain de la fête, vu l'encombrement des rues, des quais et des rames, un million de personnes pourrait avoir fait le déplacement. Les organisateurs pensent par moments à arrêter les escalators, face à l'affluence.

Musique et performances aujourd'hui aussi

Pour fêter cet anniversaire, la STIB a lancé un festival baptisé Wunderground, de la musique, des performances de quinze artistes dans les stations jusqu'au 25 septembre.

La société de transport bruxelloise a réalisé un web documentaire sur ces 40 ans du métro: docu40.stib.brussels

Sur les quais, il y a aujourd'hui bien moins d'euphorie: certaines lignes initialement prévues n'auront finalement pas vu le jour, faute de moyens. Dans les discours, moins de superlatifs pour commenter l'extension à venir du métro Nord. Le métro est entré dans le paysage de Bruxelles et les habitudes de déplacement comme s'il en avait toujours fait partie.

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