Quartier de la Roue: le Foyer anderlechtois vient d'expulser les squatters

Les deux maisons du Foyer anderlechtois squattées depuis trois semaines
Les deux maisons du Foyer anderlechtois squattées depuis trois semaines - © Rtbf

Dans le quartier de la Roue, à deux pas du campus du CERIA, avenue des Droits de l'Homme, une dizaine de jeunes militants occupaient depuis trois semaines deux maisons vides du Foyer anderlechtois.

C'est pour dénoncer l'inaction des pouvoirs publics en matière de rénovation de logements que les squatters mènent cette action de nature politique. Et aussi pour des raisons économiques : ces jeunes précarisés n'ont pas les moyens de louer sur le marché privé. Pour les expulser, la commune se base sur l'insalubrité des deux maisons. Arno est l'un des occupants. "Ils n’ont rien pu constater, ils nous ont accusé de faire un trou dans le mur porteur entre les deux maisons qui sont squattées (le n°7 et le n°9) pour pouvoir circuler entre ces deux maisons. Ce trou est inexistant, vous avez pu le constater. On nous accuse d’insalubrité, il n’y a pas d’insalubrité. "

Quand on demande au vice-président du Foyer anderlechtois, Laurent Gabele, sur quoi se base l'arrêté d'insalubrité du bourgmestre, sa réponse peine à convaincre: "sur le rapport qui a été fait en interne par les spécialistes du foyer anderlechtois, il y a quelques jours." Pourtant, les occupants prétendent être là depuis trois semaines et n’avoir autorisé l’accès à aucun service communal. Réponse de Laurent Gabele : " Moi j’ai juste vu un rapport qui a été établi par les services du foyer anderlechtois."

La commune d'Anderlecht se base donc sur un rapport rédigé par des membres du personnel du Foyer anderlechtois qui n'ont pas eu accès aux deux maisons depuis qu'elles sont occupées. Elle évoque un problème d'insalubrité alors que les occupants disposent de l'eau courante, du gaz et de l'électricité et que la maison que nous avons visitée ne présentait aucun signe visible d'insalubrité, compte tenu du fait qu'elle est restée vide pendant plusieurs années. Pour les squatters, l'arrêté d'insalubrité ne serait qu'un prétexte pour faciliter leur expulsion pour des raisons de sécurité, sans passer par l'arbitrage du juge de paix, devant lequel ils pourraient solliciter de rester dans les lieux au moins jusqu'à la fin de l'hiver. D'autant que le vice-président du Foyer anderlechtois admet ne pas encore disposer des permis d'urbanisme nécessaires au démarrage des travaux, la direction des monuments et sites ayant émis des réserves par rapport au projet.

Ce jeudi matin, les squatteurs ont bien été expulsés. Selon la porte-parole de la zone de police, huit personnes sont sorties spontanément des deux maisons, sans incident. Une jeune femme, en revanche, s'était réfugiée sur le toit d'une des maisons et refusait de s'en aller. Après négociation, la police est parvenue à la convaincre de quitter les lieux, aidée en cela par les pompiers.

Le Foyer anderlechtois proposera des solutions de relogement aux squatters.

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