Le collectif "La Demeure" occupe l'ancien hôtel de maître de la famille de Spoelberch

C'est sans doute le squat le plus chic et le plus cosy de l'histoire des occupations d'immeubles vides. En juillet, six militants en faveur du droit au logement s'installent au 40 de la rue de l'Industrie, dans le quartier européen. Ils sont actuellement au nombre de neuf à y loger. L'immeuble est vide depuis des années. Enserré entre deux bâtiments nettement plus hauts que lui, l'hôtel de maître cache bien ses trésors. Il est pourtant connu des amoureux du patrimoine. En 2013, l'ARAU (Atelier de recherche et d'action urbaines) et l'asbl Pétitions-Patrimoine réclamaient le classement de cet édifice de style Beaux-Arts susceptible d'accueillir plus de 4000 mètres carrés de logements.

Un bâtiment emblématique à l'abandon

Cet hôtel de maître a été bâti pour le compte de la famille de Spoelberch, fondatrice du brasseur Interbrew (aujourd'hui AB Inbev), une des plus riches familles de la noblesse belge. Il est ensuite vendu à une sorte de lobby bancaire italien auprès de l'Union européenne avant d'être laissé à l'abandon. Pour le collectif "La Demeure", le combat militant en faveur du droit au logement se double d'un aspect patrimonial. "Nous veillons à prendre soin du bâtiment et à l'occuper en bons pères de famille", explique Steven Guermeur, membre du collectif. "Nous avons rouvert le compteur d'électricité et contracté une assurance incendie. Nous avons tenté de convaincre les représentants du ou des propriétaire(s) de conclure avec nous une convention d'occupation précaire mais ils n'ont rien voulu entendre. Ils veulent nous faire déguerpir sans prendre la peine de négocier." Les occupants ont pourtant nettoyé les lieux, évacué les cadavres de pigeons, donné quelques coups de peinture pour leur rendre l'essentiel de leur majesté.

Les neuf occupants doivent comparaître devant la Justice de Paix le 20 octobre. Ils ne se font guère d'illusion sur l'issue de la procédure. Ils espèrent cependant obtenir un délai qui leur permette de passer l'hiver au chaud. En attendant, le collectif organise une série d'activités dans le bâtiment, doté - c'est tout bonnement incroyable - d'une véritable salle de théâtre. Ils ont été bien accueillis par les rares habitants d'un quartier très administratif. Si vous en avez l'occasion, allez jeter un oeil à l'intérieur de ce "squat" d'un genre particulier. Si le confort y est relatif, le cadre, en revanche, est tout simplement grandiose.

 

 

 

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