Le Cirque Royal plus aux normes, la Ville de Bruxelles pointe le Botanique : trop facile

Le Cirque Royal, vu depuis les coulisses
Le Cirque Royal, vu depuis les coulisses - © Rtbf

La Ville de Bruxelles et le centre culturel Le Botanique sont en conflit. L'objet du litige porte sur l'exploitation du Cirque Royal, l'une des plus importantes salles de spectacles de Bruxelles avec ses quelque 2000 places. Jusqu'en juin, le Botanique était l'opérateur du Cirque Royal. Mais la Ville de Bruxelles, propriétaire des lieux, a redistribué les cartes en confiant la gestion du Cirque à Brussels Expo, déjà chargé d'animer et d'exploiter le Palais 12, la salle de la Madeleine et le Brussels Summer Festival (BSF). Mais Brussels Expo, c'est une asbl para-communale. Saisi d'un recours du Botanique et du Sportpaleis d'Anvers, le tandem qui avait également postulé pour gérer le Cirque Royal, la Cour d'Appel a donné tort la Ville de Bruxelles. Pour éviter un long vide locatif, le collège des bourgmestre et échevins a tenté de confier la gestion de la salle à titre précaire à Brussels Expo, décision à nouveau réduite à néant par le Conseil d'Etat, sur recours du tandem évincé Botanique/Sportpaleis.

La régie foncière à l'offensive

Furieux, le collège de la Ville se retrouve avec sur les bras un Cirque Royal privé d'opérateur et une affiche déjà bien remplie pour la saison 2017-2018 puisque sont entre autres programmés Bernard Lavilliers, Véronique Sanson ou Raphaël. Mais le Cirque Royal ne serait pas seulement sans gestionnaire, il serait également, en l'état, inexploitable sans d'importants travaux. Un architecte de la Régie foncière de la Ville de Bruxelles se livre depuis quelques jours à un état des lieux. Outre un manque d'entretien, il constate plusieurs manquements en matière d'installation électrique, de sécurité incendie ou concernant les rambardes de sécurité, qui n'atteignent pas la hauteur réglementaire requise d'1,20 mètre. Le message est clair : le Botanique n'a pas géré le Cirque Royal en bon père de famille. Il ne mérite donc pas de s'en voir à nouveau attribuer la concession. Qui plus est, le manque d'entretien et les infractions aux règles de sécurité compromettent gravement la prochaine saison. Un certain nombre de spectacles risquent en effet d'être annulés.

L'arroseur arrosé

Une question vient évidemment à l'esprit face aux manquement relevés : comment a-t-on pu organiser tant de spectacles dans une salle ne répondant pas (ou plus) aux critères de sécurité? La régie foncière pointe du doigt l'administration régionale Bruxelles-Environnement (ex-IBGE) qui n'aurait pas contrôlé le respect des conditions fixées dans le dernier permis d'environnement délivré en 2013. Sauf que ce n'est pas Bruxelles-Environnement qui a octroyé le permis mais bien...la Ville de Bruxelles elle-même. Et la Ville était parfaitement au courant des problèmes du Cirque Royal en matière d'installation électrique et de prescriptions incendie, comme on peut le constater à la lecture du permis d'environnement. Bref, en voulant stigmatiser la mauvaise gestion supposée du Botanique, la Ville de Bruxelles met en lumière sa propre absence de contrôle et donc sa responsabilité. Le Cirque Royal semble bien parti pour être la prochaine saga bruxelloise, après les tunnels et le Samusocial.

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