La semaine de 4 jours peut-elle permettre de diminuer le chômage à Bruxelles?

Le ministre bruxellois de l'Emploi, Didier Gosuin, a demandé une étude sur la réduction du temps de travail.
Le ministre bruxellois de l'Emploi, Didier Gosuin, a demandé une étude sur la réduction du temps de travail. - © LAURIE DIEFFEMBACQ - BELGA

Le ministre bruxellois de l'Emploi, Didier Gosuin (DeFi), croit à cette option de la réduction du temps de travail. Voilà pourquoi il lance une étude théorique en prenant le cas de l'ABP, l'agence de Bruxelles-Propreté, qui emploie de nombreuses personnes peu qualifiées.

Tout part d'un constat: à Bruxelles, on compte 100 000 demandeurs d'emploi, et près de 70% d'entre eux n'ont pas de qualification.

"C’est illusoire de croire qu’il n’y a qu’à donner des formations pour que tout le monde soit formé, explique Didier Gosuin. Non ! Je pense qu’il faut réfléchir pour doper les secteurs économiques qui mettent au travail les non-qualifiés, afin d’augmenter les possibilités d’emplois non-qualifiés."

Comment? En diminuant le temps de travail et en adoptant la semaine des 4 jours. Cela permettrait de créer 20% d'emploi supplémentaire.

Mais le ministre insiste, cela doit se faire sans toucher au salaire des travailleurs ni à leur pension.

Quelle compensation alors pour les entreprises? La suppression des cotisations patronales en échange d'une obligation d'embauche. "On mobilise de l’argent qui est aujourd’hui versé à l’État pour mettre au travail des personnes qui n’auraient pas d’autres espoirs de travail, plutôt que de les laisser à la charge de l’État, autrement dit au chômage."

Côté syndical, on se réjouit que le débat sur la réduction du temps de travail revienne sur la table. "C’est une démarche extrêmement intéressante. Il est bon que le ministre de l’Emploi et le gouvernement régional se penche dessus", nous répond Philippe Van Muylder, secrétaire général de la FGTB Bruxelles.

BECI, la Fédération des entreprises bruxelloises, se dit aussi ouverte au dialogue mais pointe déjà d'éventuels problèmes organisationnels. "Au niveau de la gestion du travail, de la rentabilité individuelle…", développe Jan De Brabanter, secrétaire-général de BECI.

BECI se dit en tous cas très intéressé d'avoir les conclusions de cette étude. Le ministre espère les avoir pour la fin de l'année.

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