La pauvreté, un risque ou une réalité pour un Bruxellois sur trois

Baromètre social 2015
Baromètre social 2015 - © capture

Un Bruxellois sur trois vit avec un revenu inférieur au seuil de risque de pauvreté. C'est l'un des constats du "baromètre social bruxellois" 2015. Un rapport publié chaque année par l'Observatoire de la Santé et du Social de Bruxelles.

Ce baromètre compile des données qui permettent de cerner le profil social des Bruxellois, à différents égards: le revenu, le travail, l'instruction, la santé, le logement et la participation sociale.

Le rapport rappelle d'emblée ce qu'on appelle parfois le 'paradoxe bruxellois': "Bruxelles est une ville-région économiquement riche. En 2013, le produit intérieur brut par habitant y atteint 61.899 euros, contre 26.183 euros en Wallonie et 35.922 euros en Flandre. Les emplois et la richesse produite sur le territoire bruxellois ne profitent pas à bon nombre de ses habitants". Ainsi, entre 26,7% et 35,1% de la population bruxelloise vivait en 2014 avec un revenu inférieur au seuil de risque de pauvreté, soit moins de 1.085 euros par mois pour un isolé.

Par ailleurs, plus d'un cinquième de la population bruxelloise (23,5%) d'âge actif perçoit une allocation d'aide sociale ou un revenu de remplacement (chômage ou invalidité), et un quart des enfants bruxellois de moins de 18 ans (25,7%) grandissent dans un ménage sans revenu du travail.

L'école, pas forcément un marche-pied

Parmi les jeunes de 18 à 24 ans, mentionne encore le baromètre, un jeune homme sur six et une jeune femme sur dix quittent prématurément l'école sans avoir décroché leur diplôme de fin de secondaires. Et pour ces jeunes sans diplôme, la perspective de trouver un emploi est limitée. Un tiers de ces Bruxellois qui n'ont pas fini leurs secondaires (et sont en âge de travailler) sont au chômage.

Le logement plombe le budget

A Bruxelles, une majorité de logements sont occupés par des locataires (61,2%). Or le loyer moyen (corrigé de l'inflation) a nettement augmenté: une hausse de 20% entre 2004 et 2013. Le poste "logement" pèse donc plus lourd qu’il y a dix ans dans le budget des ménages. L'une des conséquences de cette hausse est l'augmentation du nombre de candidats au logement social. En Région bruxelloise, 44 332 ménages figurent sur les listes d’attente... Un nombre jamais atteint auparavant.

Derrière ces moyennes, des disparités importantes entre communes

Les différences entre communes sont fortes. Ainsi, le taux de chômage à Woluwe-Saint-Pierre est de 10,3% contre 30,1% à Saint-Josse-ten-Noode.

La situation socioéconomique des personnes influence leur état de santé: la différence d'espérance de vie entre les résidents des communes les plus pauvres et ceux des communes les plus aisées est de 2,9 ans pour les hommes et de 2,5 ans pour les femmes.

Bruxelles, la région "maillon faible"?

Comparée aux deux autres régions, Bruxelles est nettement à la traîne. En Wallonie, 18,3% des habitants vivent avec un revenu inférieur au seuil risque de pauvreté. En Flandre, 11,1%. Mais peut-on vraiment comparer deux régions à une région-ville?

Le baromètre suggère de comparer plutôt Bruxelles aux autres grandes villes du pays et conclut: cette comparaison "indique que la situation socio-économique serait équivalente, voire plus défavorable encore dans les grandes villes wallonnes, selon l’indicateur considéré".

Un défi, après la réforme de l’état

Le baromètre conclut que la Région bruxelloise est face à un défi: réduire ces situations de pauvreté et d’inégalités à l'heure où augmentent le nombre d’habitants et le nombre de compétences, donc d’outils, dans les mains des élus régionaux.

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