La façade du Palais de justice libérée des échafaudages d'ici 2 ans

La façade principale du vieux bâtiment sera libérée de ses structures de métal si tout va bien courant 2023
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La façade principale du vieux bâtiment sera libérée de ses structures de métal si tout va bien courant 2023 - © HATIM KAGHAT - BELGA

Plus aucun échafaudage sur la façade principale du palais de justice de Bruxelles d’ici 2 ans ! C’est la promesse du nouveau secrétaire d’état en charge de la régie des bâtiments au fédéral. Mathieu Michel a fait de la rénovation du palais de justice Place Poelaert, je cite, un "dossier prioritaire". Il promet donc que les travaux s’achèveront en 2023.

Pour célébrer le bicentenaire sans échafaudages

Une date qui n’est pas choisie par hasard puisque cette année-là on célébrera les 200 ans de la présence d’un palais de justice à Bruxelles. A l’époque, ce n’était pas encore celui de l’architecte Poelaert qui, lui, a commencé à sortir de terre en 1866.
Alors, qui dit façade terminée, dit aussi plus aucun échafaudage sur place. Ce sera sans doute un petit choc pour beaucoup puisque ces échafaudages recouvrent cette façade sans interruption depuis le milieu des années 80 ! Soit 35 années, tout de même.
Pour expliquer cette durée, on peut citer des soucis financiers dans le dossier, des contraintes liées à la préservation du patrimoine, des problèmes de stabilité sur place, ainsi que l’absence de vrai plan précis, chiffré et budgété. "Ce qui est désormais le cas", affirme Mathieu Michel.

Mon choix assumé, c’est de mettre au-dessus de la pile le projet du palais de justice de Bruxelles. Ce qui n’a peut-être pas toujours été le cas par le passé

Mais la rénovation de cette façade ne signifie pas la fin des travaux au palais de justice. Après 2023, il faudra rénover les trois autres façades, par phase. Objectif : terminer tout l’extérieur du bâtiment en 2030. Un budget de 100 millions d’euros est prévu à cet effet.
Ensuite, il faudra encore rénover l’intérieur de ce mastodonte, autrefois le plus grand bâtiment d’Europe avec ses 52.000 m² de surface. À nouveau 100 millions d’euros seront nécessaires. Budget total, donc, 200 millions d’euros qui sont disponibles, selon le secrétaire d’état Mathieu Michel. "Ce budget, il existe en fait dans les budgets de la Régie des bâtiments. Il est disponible. Après, on choisit à quoi on veut le consacrer. Moi, mon choix assumé, c’est de mettre au-dessus de la pile le projet du palais de justice de Bruxelles. Ce qui n’a peut-être pas toujours été le cas par le passé".

Pour l’intérieur du palais, on parle d’une fin de chantier en 2040. S’il n’y a pas de surprises bien sûr, ce qui a souvent été le cas depuis 35 ans avec ce palais de justice.

35 ans de soucis et d'échafaudages

Une partie de ces échafaudages ont été posés en 1987. Il y a 34 ans. Cette année-là, par exemple, le bateau "Herald of Free Entreprise" coule près de Zeebrugge, faisant près de 200 morts. Une autre époque.
Au niveau du palais de justice, il faut attendre 22 ans pour voir du changement… et pas vraiment celui qu’on attendait. En 2009, en effet, ce sont les échafaudages, rouillés qui présentent une menace. Il est alors décidé de les rénover, alors que les façades attendent toujours d’être remises en état pour pouvoir se libérer de ces structures de métal qui en maintient la stabilité.

Deux ans plus tard, en 2011, on apprend qu’une partie de ces échafaudages sont illégaux. La régie des bâtiments, au moment de les faire poser, n’a pas demandé le permis d’urbanisme nécessaire, avant de faire placer ces échafaudages.

Encore deux ans plus tard, nous sommes en 2013 et le secrétaire d’état de l’époque en charge du dossier annonce du changement. "Le nombre d’échafaudages va diminuer en 2014", affirme à l’époque le CDenV Servais Verherstraeten au micro de la RTBF.

Mais quatre ans plus tard, en 2018, des échafaudages sont toujours là. Et un échevin bruxellois passe aux menaces envers le fédéral. "Une partie des échafaudages sont situés sur l’espace public. Et, donc, il serait possible de taxer cela. Donc, de taxer le fédéral", lance le MR Geoffroy Coomans de Brachène, alors échevin de l’urbanisme à Bruxelles.

Là, encore, la menace ne sera jamais mise à exécution. Aujourd’hui, tout le monde espère que la dernière promesse de voir tous ces échafaudages disparaître au pire en 2030 sera enfin la bonne. Même si, pour cela, ironie de l’histoire, il faudra d’abord ajouter… de nouveaux échafaudages supplémentaires à l’entrée du palais de justice pour pouvoir effectuer les travaux de rénovation de la façade principale, visible depuis la rue de la Régence.

En tout cas, une question demeure. Question que se posait déjà Luc Hennart, alors président du tribunal de Première Instance de Bruxelles, fin 2014 à notre micro : "On a tellement l’habitude de voir le palais avec les échafaudages, qu’on pourrait se poser la question de savoir de quoi il a l’air s’il n’y en avait pas".

Réponse, beaucoup l’espèrent, d’ici un peu plus de deux ans.

Archives : Journal télévisé 04/08/2018

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