La déconstruction évite le gaspillage sur les chantiers de rénovation

Une nouvelle vie pour les matériaux de construction
Une nouvelle vie pour les matériaux de construction - © www.rtbf.be

Dans le vaste hangar de Rotor Déconstruction à Anderlecht, des centaines de panneaux de faux-plafonds attendent un acheteur. Ils ont été récupérés sur le chantier de rénovation de l'ancien siège du Crédit Communal et pourraient parfaitement être réutilisés sur un autre chantier. Un peu plus loin, à l'intérieur du show room de la coopérative, des piles de chaises, d'urinoirs ou d'étagères. Tous ces objets proviennent de bureaux ou de bâtiments publics. Ils étaient promis à la destruction mais c'était sans compter sur l'obstination des fondateurs de Rotor. Pour Maarten Gielen, la remise en location de bureaux par exemple, est souvent l'occasion de changer l'ameublement, les luminaires, les portes intérieures. Or ces matériaux démodés peuvent encore parfaitement convenir à d'autres. D'où l'idée de les récupérer, de les remettre en état et ensuite de les proposer à la vente.

Les acheteurs sont essentiellement des professionnels, architectes, designers ou parfois des particuliers à la recherche d'une décoration d'époque. Dans tous les cas, l'opération est profitable, puisqu'une fois nettoyés et remis en état, les matériaux évitent la décharge ou l'incinérateur. 

Une illustration du principe d'économie circulaire

Rotor est une coopérative qui emploie aujourd'hui une quinzaine d'équivalents temps-plein. L'entreprise est une illustration du concept d'économie circulaire. Un concept apparu dans les années 1970 et qui consiste à développer une activité de récupération et de production, qui tienne compte de la qualité de vie, de l'environnement (récupérer-produire-consommer-réemployer), bref qui évite la "surconsommation".

A Bruxelles, des dizaines de projets sont soutenus par le PREC (Programme Régional d'Economie Circulaire). Ils se développement dans les domaines du textile, de l'informatique, de l'alimentation, du transport ou de la (dé)construction. De telles initiatives existent dans d'autres grandes villes européennes. Antoine Guhl, adjointe à la maire de Paris (Anne Hidalgo), est en charge des projets d'économie circulaire. "Toutes les grandes villes partagent un même "métabolisme" et doivent absolument réduire leur impact sur l'environnement, mais elles sont également confrontées à la difficulté de convaincre que ce modèle économique fonctionne". Et en fonction des expériences existantes, le défi principal est de donner l'impulsion, en allant parfois à contre-courant d'activités économiques déjà existantes. Les biodéchets, par exemple, peuvent être valorisés mais le soutien des pouvoirs publics est indispensable pour donner cette impulsion, conclut Antoinette Guhl.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

Recevoir